Cgs a écrit :wildgripper a écrit :
L'intelligence d'un collégien de 14 - 15 ans? Sa maturité? Vous ne m'avez pas lu. Il aura largement eu le temps de déraper avant d'acquérir quelque maturité que ce soit. Sinon, on ne parlerait même pas de crise d'adolescence.
Vous généralisez abusivement. Les adolescents, et même les enfants, font parfois preuve de bien plus d'intelligence et de mâturité que nous. J'ai pu l'observer maintes fois. La crise d'adolescence n'est pas un passage obligé (pour ma part, j'estime ne pas l'avoir vécu comme tant d'autres le racontent, elle s'est déroulée normalement, sans heurt).
Je vous rejoins sur ce sujet, je pense qu'il n'y a pas plus d'ados perturbés qui causeront des problèmes à cause de la religion qu'à cause du metal.
Un juge applique la loi, point. La loi étant très claire, et certains propos relevant objectivement de la diffamation, pas besoin d'exemple de jurisprudence préalable pour prévoir ce qui va se passer si de telles affaires passent devant les tribunaux. C'est aussi limpide que de dire "un tel a volé une voiture, il sera condamné".
Je ne pense pas que ce soit aussi simple. En rangeant ses affaires ces derniers jours, mon copain est tombé sur un vieil article de 20 minutes, du 09/12/05 (on peut penser ce qu'on veut de la qualité du "journal", c'est la citation qui est intéressante). Un romancier, Didier Daeninckx, est interviewé pour une pétition de soutien aux rappeurs.
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Les rappeurs sont une cible facile ?
On enseigne les surréalistes dans les lycées et les facultés du monde entier. Pourtant, dans les années 1930, Breton a écrit "Nous sommes avec ceux qui tuent", et Aragon "Descendez les flics, camarade". Personne n'imagine qu'ils l'ont fait, car on est dans la création, pas dans l'acte. Mais ces auteurs étaient de jeunes bourgeois qui ne faisaient pas peur. Les rappeurs, eux, renvoient l'image de la banlieue, plus facile à manipuler par les extrêmes."
L'encart en bas de l'article précise :
"Près de 200 députés et sénateurs - de droite pour la plupart - ont demandé fin novembre l'ouverture de poursuites contre sept groupes ou chanteurs de rap (Monsieur R, 113, Smala ...) qui incitent, selon eux, à la haine raciale et à la violence."
On notera la forte ressemblance entre cette situation et celle que nous vivons. La principale différence étant que les rappeurs s'attaquent à l'état ou aux flics alors que les metalleux s'attaquent principalement aux chrétiens. En creusant un peu sur le net pour savoir comment s'était terminée l'affaire, je suis tombée sur ça :
http://alexandretanguay.monblogue.branc ... 2007/01/26
Voici quelques passages qui pourraient nous intéresser spécifiquement :
"Mercredi 14 décembre, le groupe Sniper, poursuivi pour sa chanson La France (voir ci-dessous, les textes incriminés : «La France est une garce, n’oublie pas de la baiser jusqu’à l’épuiser, comme une salope, il faut la traiter, mec… » « Faut pas qu’y ait bavure ou dans la ville, ca va péter, du commissaire au stagiaire, tous détestés ! ») sur plainte du ministère de l’intérieur a été relaxé par la cour d’appel de Rouen. Selon l’avocat du groupe Sniper, Dominique Tricaud, « les condamnations de rappeurs pour des paroles de leurs chansons sont très rares », que ce soit pour incitation à commettre un crime ou un délit, provocation à la haine raciale, outrage à la police.
« Nous nous appuyons, fait-il valoir, sur une jurisprudence de 1946 de la Cour de cassation dans son arrêt de réhabilitation de Baudelaire qui avait été condamné pour Les Fleurs du Mal. La Cour a posé trois critères pour justifier la liberté de ton de l’artiste. Le premier exige que le texte incriminé puisse être interprété de façon symbolique et non pas réaliste, le deuxième que ce texte soit “couronné par l’opinion des lettrés” et enfin “reconnu par l’opinion publique”. »
D’où une appréciation, nécessairement au cas par cas et en restituant les «extraits» choquants dans leur texte intégral et leur contexte, afin d’en mesurer l’éventuelle portée symbolique".
"En 1995 et 1997, Ministère Amer a été condamné, non pour sa chanson Sacrifice de poulet comme on le lit souvent à tort, mais pour des propos à la presse «dépourvus (eux) de tout symbole culturel ou artistique et de toute ambiguïté», selon les juges.
En 1997, les rappeurs de NTM ont été condamnés à une peine de prison ferme, muée en sursis en appel, après avoir traité, lors d’un concert à la Seyne-sur-Mer (Var), les policiers de « fachos » qui « assassinent ». Mais leurs chansons n’ont pas été condamnées.
En 2004, le chanteur de La Rumeur qui accusait les policiers dans un fanzine d’être les «assassins jamais inquiétés (…) des centaines de nos frères abattus» a été relaxé du délit de diffamation. Le procureur ayant estimé qu’il soulevait un débat «pas illégitime».
Le 6 février 2006, une plainte du député UMP Daniel Mach, pour « outrage aux bonnes mœurs » contre le groupe Monsieur R. et sa chanson La Fransse sera jugée à Melun."
Je n'ai pas (encore) réussi à trouver une annonce officielle du résultat de la procédure, je vous le ferai savoir si je tombe dessus.
Enfin, j'aimerai apporter une précision à propos de la société : à plusieurs endroits j'ai relevé la notion de place publique (avec des termes différents) où s'expriment les groupes. Je pense qu'il y a ici une subtilité qui ne pourra pas se traduire de manière juridique (puisque la loi, il me semble, ne reconnais pas de statut bâtard entre la sphère privée et publique), mais qui est pourtant respectée par les groupes.
En effet, de part sa nature de mouvement underground, le mouvement metal échappe en partie à la société. Comme le faisait remarquer un autre forumeur, il est totalement absent des médias traditionnels. Globalement, ses adhérents se reconnaissent comme une tribu ou une grande famille, quel que soit le pays et la culture dont ils sont issus. On n'empêche pas le gens de venir, mais on ne fait aucune publicité en dehors de notre communauté (magazines et sites web spécialisés). Finalement on n'occupe qu'une partie très limitée de la société, celle des évènements musicaux (concerts et festivals) et de la distribution (CDs et magazines), certes trouvables dans des magasins généralistes (grandes surfaces, tabacs pour la presse, FNAC pour la musique), mais toujours nettement séparés des autres styles. On n'a jamais vu un quelconque musicien prendre à partie des gens dans la rue pour étaler ses idées, distribuer des tracts dans les boîtes aux lettres, demander des tribunes dans les médias, faire pression sur des politiciens, ou alimenter les forums de discussion généralistes en faisant la promotion de leur groupe. Les textes sont réservés aux fans qu'ils savent peu nombreux, et les concerts se font entre connaisseurs (si un "étranger" arrive, personne n'aura l'idée de le mettre dehors, mais strictement aucune pub n'est faite en ce sens).
En résumé, la distribution et la promotion des textes gênants se font sans aucune contestation possible dans la sphère publique, mais il convient de nuancer la portée de tels évènements et l'intention qu'il y a derrière. Les auteurs des textes savent pertinemment que des chrétiens finiront immanquablement par tomber dessus, mais ils ne sont pas non plus allés leur cracher ces propos à la figure. Ceci n'est pas un argument à part entière, mais cette réflexion vient se rajouter aux autres éléments sur lesquels nous débattons, pour essayer de dégager une explication qui convienne à peu près aux différentes parties. (ouh putaing la langue de bois ... faut que j'arrête moi

)