Bonsoir; c’est vrai-je m’inquiétais, car je comprends le découragement qu’il peut il y avoir à penser que l’on inspire que la fornication -et rien de plus.
Ensuite c’est vrai que je ne suis pas dans la peau d’un Homme -j’ai parlé selon ce qu’on peut connaitre en tant que femme, qui peut parfois relever d’un harcèlement moral difficile à endurer, car comment, dans nos grands moments de solitude, arriver à se persuader que ce ne sont pas des signes envoyés par Dieu pour nous dire de rabaisser notre attente, que la vie ce n’est pas ça, pas les grands sentiments, ni la noblesse de ce que nous inspire la Bible…?
Pour parler de la jeunesse, j’ai moi aussi pu côtoyer pas mal de monde dans ma courte vie (j’étudie et travaille dans le domaine du développement socioculturel local, auprès de jeunes des QPV.)
Cependant chez « nous« , la majorité des jeunes qui rejoignent nos clubs, d’origine étrangère, magrébine ou asiatique, n’envisagent leur vie sentimentale et sexuelle que selon le mode de vie dit moderne, occidental. Cela car ils réalisent (parfois à torts) un décalage immense entre leur génération et la précédente et veulent à tout prix s’en démarquer, fuir ce qu’ils considèrent une hère antique dont les parents auraient trop souffert sans rien en hériter. Les géniteurs omettent souvent de leur parler de sentiments, car ces derniers ayant éprouvé l’union maritale dans leur pays d’origine, au début du siècle, selon des coutumes locales et avec des fiancés pas toujours choisis, gardent beaucoup d‘amertume de cette période.
Je pense notamment à nombre de femmes connues au Centre Socioculturel, qui nous disent regretter des mariages qui ont écourté trop tôt des rêves légitimes, une liberté de jeune adulte. Une championne de tennis au Cambodge, une kabyle issue d’une famille éminente au pays, en début de carrière mais dont le mariage et le poids énorme d’un foyer à gérer seules en terre inconnue ont coupé du monde, puis rendu amères. Ces dame se montrent en vieillissant oppressives avec leurs filles, auxquelles elles n’accordent aucune liberté et qu‘elles ne forment pas sentimentalement -ce qui à l’adolescence, en pousse beaucoup à l’excès, par ignorance ou par vengeance.
On a beaucoup de (très) jeunes filles dans nos clubs (ateliers danse, rythmiques) qui se trouvent désemparées face à ce que j’appellerai la « drague masculine des grands axes Parisiens» (Chatelet …), pas très recherchée et insistante, qui nous questionnent pendant les sorties sur les choix à tenir -elles ont donné leurs numéros de portables ou rdv qu’ elles regrettent, mais dans un autre sens, elles ne savaient pas « comment ça marche » … et puis l’envie de défier, d’être une grande qui ne tombe pas dans les écueils « du bled » ou de maman …
La position des éducateurs n’assure pas toujours, car (je le sais pour partir avec eux année après année en colos sociales!) ils sont beaucoup à multiplier les aventures qui dégénèrent rapidement, car eux-mêmes n’ont compté que sur l’expérience pour se former, et c’est vrai, ils pensent qu’ils faut s’essayer pour se connaitre.
A en discuter, ils ont l’impression de vivre une relation vide de sens ou d’avenir si elle ne connait pas une rapide concrétisation physique. J’ai aussi remarqué un problème de discernement entre l’Amour et l’Amitié (ils acceptaient de coucher épisodiquement avec des amis de longue date, à chaque passage sur Paris, sans voir plus loin que la soirée en elle-même), un énorme manque de tendresse ou d’Amitié réelle.
Ensuite je pense que les problèmes « sentimentaux » qui se posent diffèrent, entre les jeunes des QPV et ceux de l’Enseignement supérieur (surtout dans les petites sphères très fermées des ERASMUS Recherche) …
Sur ce, ravie de vous compter parmi nous!
PS oui je connaissais un peu Maison Ikoku, mais seulement l’adaptation déplorable TF1 des années 90, qui massacre environ 70% de l’intrigue
