Re: L'arbre de la connaissance du bien et du mal
Publié : ven. 31 janv. 2025, 14:28
Bonjour Xavi,
Mais d'en avoir mangé, actant sa désobéissance, le fait entrer dans la connaissance du mal. La connaissance du mal n'est-elle pas justement une connaissance séparée ?
Et du coup, il n'acquiert alors pas une connaissance claire car en lutte entre ces deux volontés en nous.
On pourrait parler d'une connaissance en conflit, embrouillée.
Je ne sais pas. Cela est vrai pour ce qui concerne la connaissance du bien, de l'amour, de ce qui est. Certainement que cette connaissance est une connaissance de l'amour. S'il n'avait pas mangé de l'arbre il serait resté dans la connaissance du bien seul.Xavi a écrit : ↑mer. 29 janv. 2025, 14:27En effet !
C’est précisément ce qui est essentiel. Adam et Ève n’avaient pas, ne possédaient pas la connaissance du bien et du mal, précisément parce que cette connaissance ne peut pas être possédée séparément. Elle ne peut être que partagée, vécue en communion d’amour avec le Créateur.
Il ne s’agit pas ici d’une connaissance technique ou intellectuelle à acquérir par apprentissage. Nous sommes ici dans l’ordre du bon et du mauvais, de l’amour et du non amour, de la vie spirituelle en communion avec Dieu ou de son absence.
La connaissance du bien et du mal n’existe pas séparément. En le détachant de l’arbre, son fruit se décompose et meurt, inexorablement. Il s’agit de cette connaissance dont Saint-Exupéry dit « On ne voit bien que par le cœur ».
Cette connaissance est de l’amour, ne s’apprend et ne se comprend que dans l’amour et par l’amour. Cette connaissance donne une intelligence de Dieu et du réel.
Manger de son fruit a certes donné à Adam et Ève une « intelligence » et une connaissance particulière, mais c’est précisément une connaissance séparée de l’amour, trompeuse, radicalement différente en ce qu’elle n’est pas une intelligence d’amour.
La connaissance du bien et du mal à partager en communion avec Dieu n’a pas de réalité sans Dieu, et ne peut être séparée de lui, car c’est de l’amour. En séparer un fruit n’est qu’illusion et le manger ne permet pas de réellement se l’approprier, mais, au contraire, de s'en séparer.
Mais d'en avoir mangé, actant sa désobéissance, le fait entrer dans la connaissance du mal. La connaissance du mal n'est-elle pas justement une connaissance séparée ?
Je ne sais pas s'il est tant question d'une connaissance simplement trompeuse qu'une question de connaissance divisée entre d'un côté une volonté inférieure, la chair qui est trompeuse, marquée alors par le péché et soumise à sa loi et de l'autre une volonté supérieure, l'homme intérieur, la conscience soumise à la loi de Dieu. Et ceci résultant de sa "séparation", de sa sortie de communion impliquant sa division en lui-même.Xavi a écrit :Manger de son fruit a certes donné à Adam et Ève une « intelligence » et une connaissance particulière, mais c’est précisément une connaissance séparée de l’amour, trompeuse, radicalement différente en ce qu’elle n’est pas une intelligence d’amour.
Et du coup, il n'acquiert alors pas une connaissance claire car en lutte entre ces deux volontés en nous.
On pourrait parler d'une connaissance en conflit, embrouillée.
Oui, c'est quelque chose qu'on peut observer dans la vie me semble-t-il, entre la compréhension d'un monde sans Dieu et la compréhension que donne l'Église, les saints, la mystique en particulier.Xavi a écrit :En effet, et pas seulement symboliquement.Didyme a écrit : ↑mar. 28 janv. 2025, 23:32 Par ailleurs, on nous dit "La femme vit que l'arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu'il était précieux pour ouvrir l'intelligence" (Genèse 3:6)
S'il est précieux pour ouvrir l'intelligence, j'imagine que c'est qu'il apporte (même symboliquement) une connaissance, une conscience qui n'était pas là avant.
Une connaissance peut en effet être acquise de diverses manières, et elle a toujours pour effet d’augmenter l’intelligence, de donner un surplus de savoir.
Mais, sans l'amour, cette intelligence et ce savoir ne donnent pas la même compréhension, ni la même conscience du réel. Une connaissance partagée dans l’amour et avec amour donne une autre intelligence du réel, une autre conscience qu’une connaissance sans amour.
Oui, certainement.Xavi a écrit :Votre conclusion revient ici au cœur des difficultés.Didyme a écrit : ↑mar. 28 janv. 2025, 23:32 Par ailleurs, je doute que le péché originel se soit fait en pleine connaissance de cause alors qu'il témoignerait plutôt de l'ignorance, de la bêtise ("La femme vit que l'arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu'il était précieux pour ouvrir l'intelligence" (Genèse 3:6")).
La seule ignorance qui subsistait c’est celle de la connaissance qui se vit par l’amour, ce qui restait à choisir par Adam et Ève de tout leur cœur, de tout leur être.
Cela reste vrai pour chacun de nous.