Le choix de Judas Iscariote comme disciple

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Dúbida
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Le choix de Judas Iscariote comme disciple

Message non lu par Dúbida »

Bonjour à tous :>

Je ne crois pas me tromper en disant que pour les chrétiens, Dieu est omniscient.
D'où ma question : pourquoi Jésus a-t-il choisi de prendre Judas comme disciple, alors qu'il savait pertinemment que ce dernier allait le trahir ?

Matthieu (26:24)
Le Fils de l'homme s'en va, selon ce qui est écrit de lui; mais malheur à l'homme par qui le Fils de l'homme est trahi ! Mieux vaudrait pour cet homme-là qu'il ne fût pas né.

Mais après tout, Jésus n'avait pas besoin de prendre Judas pour disciple ?

C'est comme si je savais d'avance que quelqu'un allait me faire du mal, mais que j'irais quand même chercher cette personne, en lui reprochant ensuite de m'avoir blessée, ce qui cependant ne serait pas arrivé si je n'étais pas allée la chercher !
Je ne sais pas si je suis très claire...
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loki
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Re: Le choix de Judas comme disciple

Message non lu par loki »

Bonsoir
Vous êtes claire.
Je ne suis pas du tout qualifié et je n'ai pas autorité pour vous répondre, mais la lecture récente d'un ouvrage me fait me poser la question suivante ?
La trahison de Judas, son baiser, ne font-ils pas partie du Plan ? Sans cette trahison, la mort et la Résurrection de Jésus aurait-elle été possible ? Aurait-il pu racheter les péchés du monde ?
J'ai commencé par curiosité la lecture d'un livre sur un evangile apocryphe, l'Evangile de Judas. Je ne sais pas ce que cela vaut, mais il apparaît d'entrée que la description de Judas est différente de celle des Canons : il est un instrument conscient, quasi-héroique, de la réalisation des évènements qui vont attester de la parution du Sauveur.
A suivre...
Je serais très intéressé par des précisions sur cet apôtre, dont la figure est une énigme.
"La foi est une croyance par amour, et l'amour n'argumente pas"
Joseph de Maistre
Virgile
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Re: Le choix de Judas comme disciple

Message non lu par Virgile »

Bonjour,

pour commencer, peut-on dire que Judas ait joué un rôle essentiel dans le processus de rédemption?
Non, car même sans lui Jésus aurait certainement été arrêté et crucifié. Avec ou sans Judas, il y aurait eu le rachat des péchés des hommes par l'oeuvre de Rédemption.

Si vous lisez ou relisez les Evangiles, et surtout l'Evangile selon saint Luc, vous verrez qu'avant même que Judas ne viennent leur proposer ses services, les pharisiens cherchaient déjà un motif pour obtenir l'arrestation de Jésus. Ils y étaient fermement décidés et c'est ce qu'ils sont parvenus à faire en se servant de Judas. C'est ce qu'ils seraient parvenus à faire avec un autre ou plusieurs autres.

Si l'on comprend que Jésus enseignait tous les jours au Temple, on comprend aussi qu'il ne devait quand même pas être bien compliqué de le trouver. On doit donc considérer que la proposition de Judas n'a représenté pour les pharisiens qu'un choix possible parmi une multitude d'autres choix.

Ainsi, la trahison de l'individu Judas ne relève pas d'une nécessité absolue en elle-même. Elle est une trahison réalisée parmi une multitude d'autres trahisons qui furent possibles.

L'arrestation de Jésus, qui devait s'accomplir, que ce soit par le moyen de Judas ou par un autre moyen, fut la conséquence d'une décision prise par quelques pharisiens, un petit nombre de scribes et quelques notables. C'est ce que l'on comprend à la lecture des Evangiles, et c'est celà qui est véritablement important. C'est ici que se trouve la véritable trahison faite au Christ.

En ce qui concerne Judas, sachant qu'il n'a probablement jamais cru que le Christ était le Fils le Dieu, qu'il n'a donc pas pu avoir conscience du fait que lui-même jouait un rôle dans le salut de l'humanité, son suicide indique qu'il a certainement refusé à la fois d'espérer et de croire au pardon de Dieu.

Alors, en fin de compte, pourquoi Judas et pourquoi pas un autre? C'est une question qui ne mène pas bien loin. Mais elle peut servir, tout de même à quelque chose.

Un croyant pourrait se demander, de temps en temps, et même tous les jours:
"Pourquoi donc le Christ m'a-t-il donc appelé à le suivre, moi, sachant très bien que j'allais le trahir un jour ou l'autre?"
zélie
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Re: Le choix de Judas comme disciple

Message non lu par zélie »

oui, c'est tout à fait cela. Le choix de Judas comme disciple n'a pas fait de lui un traître héroïque et finalement tout entier dévoué à la cause divine, la trahison de Jésus se serait faite avec ou sans lui, car la trahison était plan divin. (plan qui devait envisager tout ce qu'il y avait de pire dans l'homme pour le prendre sur Ses Epaules et racheter les hommes)

Mais le choix de Judas comme ami, malgré que Jésus sache d'avance ce qui allait se passer, relève du salut qu'il propose à tous les hommes, jusqu'à leur dernière seconde de vie, quoi que soit l'homme, même le plus abject, quoi que soient ses actes, même les plus infâmes, comme le souligne la question finale de Virgile.

Soyez assurée que si Judas, une fois la trahison faite, était revenu vers Jésus au pied de sa croix ou après sa résurrection, ou aux pieds de Marie, il aurait été pardonné et sauvé comme le fut Pierre, qui non seulement renia Jésus, ne tenta rien pour le sauver une fois pris, et s'enfuit comme un fou de Gethsémani lors de son arrestation!
Judas a été perdu parce qu'il a désespéré de Dieu, pas parce qu'il était fichu d'avance dans un plan divin bancal et machiavélique.
En ce qui concerne Jésus, il avait une conscience tellement aiguë de sa mission qu'il n'a reculé devant rien, sans juger Judas perdu d'avance, et qu'il s'est battu pour le sauver autant que pour les autres hommes.
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Dúbida
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Re: Le choix de Judas comme disciple

Message non lu par Dúbida »

Merci pour vos réponses :>

Je vais m'attarder un peu sur celle de Zélie.

D'accord, Jésus propose le salut à tous les hommes. Mais choisir Judas comme disciple, ça n'a pas contribué au salut de ce dernier, j'aurais presque envie de dire qu'au contraire ça l'a presque condamné (il me semble que l'Église ne se prononce pas sur son sort mais j'ai quand même l'impression que c'est mal engagé pour lui...) !

Ce qui me pose problème, c'est donc que c'est en quelque sorte le fait que Jésus ait choisi Judas comme ami qui a causé la perte de ce dernier. Si Jésus ne l'avait pas appelé à le suivre (encore que je ne suis pas sûre que ça se soit passé de cette façon, mais en tous cas Judas n'aurait pas suivi Jésus sans son consentement), il aurait très bien pu, pourquoi pas, vivre sa vie tranquillement en bon juif.
zélie
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Re: Le choix de Judas comme disciple

Message non lu par zélie »

Dúbida a écrit : D'accord, Jésus propose le salut à tous les hommes. Mais choisir Judas comme disciple, ça n'a pas contribué au salut de ce dernier, j'aurais presque envie de dire qu'au contraire ça l'a presque condamné (il me semble que l'Église ne se prononce pas sur son sort mais j'ai quand même l'impression que c'est mal engagé pour lui...) !
Bonjour Dùbida,
excusez-moi pour l'accent mais j'ai pas ce qu'il faut sur mon clavier pour écrire votre pseudo sans le tordre (l'accent).
Sachez aussi que ma réponse n'est que personnelle, et que je n'ai aucune autorité en la matière religieuse; pour cela il vaut mieux s'en remettre aux clercs de ce forum.
voilà, ce que j'essayais de vous dire, c'est que justement ce choix réciproque de compagnonnage entre Jésus et Judas a été une chance pour ce dernier, parce qu'en ayant Judas pèrs de Lui, Jésus a pu tout tenter pour le travailler au corps et le convaincre de la noblesse de l'Amour et de la Vertu (enfin, de son enseignement si vous préférez). L'homme ayant des tonnes d'occasion de se sauver ou de se perdre, la compagnie de Jésus n'a pas pu faire de mal à quelqu'un qui face aux choix difficiles de la vie aurait eu tendance à réagir par la fuite dans le suicide. (attention, je ne juge pas le suicide en général, je sais que c'est terrible, je ne parle que du cas Judas).

Ce qui me pose problème, c'est donc que c'est en quelque sorte le fait que Jésus ait choisi Judas comme ami qui a causé la perte de ce dernier. Si Jésus ne l'avait pas appelé à le suivre (encore que je ne suis pas sûre que ça se soit passé de cette façon, mais en tous cas Judas n'aurait pas suivi Jésus sans son consentement), il aurait très bien pu, pourquoi pas, vivre sa vie tranquillement en bon juif.
Justement, quand je regarde le personnage de Judas, je ne suis pas convaincue que Judas ait pu se contenter d'une vie tranquille de bon juif. La gloire l'intéressait, la victoire par la violence (comme les juifs imaginaient le messie) aussi; ce n'est pas l'événement qui a fait la victime, c'est l'homme qui a fait l'événement, et si sur sa route il n'y avait pas eu Jésus, il aurait surement recherché un autre mouvement susceptible de servir ce qu'il pensait être glorieux de faire (bouter les romains hors de Judée, par n'importe quel autre messie de passage, par n'importe quel moyen).
La seule différence, c'est que sa boulette n'aurait pas été célèbre; il aurait pu mentir, trahir, embrasser infâmement, tuer, se tuer, et peut-être faire encore pire, mais cela n'aurait pas été connu, et l'histoire l'aurait laissé mourir aveuglé d'orgueil sans le plaindre, comme ça arrive tous les jours dans le monde.
Là, comme on est face à un ami de ce Jésus venu pour sauver tous les hommes, et que pour celui-là qui était son ami ça n'a pas marché, que ce Judas est mort dans autant de déshonneur, ça coince.
Mais il faut réaliser que pour ce Pierre désigné comme chef des apôtres et qui a en fait de belles lui aussi dans le contre-exemple, Pierre a su regretter ses errements et revenir à des sentiments humbles, qui l'ont sauvé des ravages du désespoir orgueilleux. Si Judas avait fait la même chose, Jésus l'aurait encore plus pardonné et aidé, mais le drame de Judas, c'est qu'il n'a pas voulu considérer les choses comme Pierre.
Les figures de Judas et de Pierre sont à mettre en perspectives pour approfondir le salut que Dieu propose à l'homme mais n'impose jamais.
Virgile
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Re: Le choix de Judas comme disciple

Message non lu par Virgile »

Bonjour,

on peut envisager votre question d'une autre manière.

Tout péché est un mystère et un mystère dans le vrai sens du terme. La difficulté que l'on a à comprendre ce qu'est exactement un péché en particulier est proportionnelle à la grandeur de ce péché, à la faiblesse de son motif et à la mesure de connaissance et de grâce accordée à celui qui le commet.

En ce qui concerne Judas, l'ami de Jésus, son disciple, l'un des douze, qui pourrait donc dire exactement la mesure de connaissance et de grâce qui lui fut accordée? Il a tout de même vu le Christ, il était à ses côtés, il a touché sa main, il a sruté son visage, il a entendu sa Parole. Oui, certes, mais voilà: il n'a pas cru à Celui qui prononçait ses paroles.

La trahison de Judas semble donc être le plus mystèrieux et le plus incompréhensible des péchés. Comment une personne humaine choisie pour être le disciple du Christ, bénéficiant de la grâce reçue par les apôtres, le privilège de partager l'intimité du Fils de Dieu, a-t-elle pu se comporter avec une telle ingratitude, et pour un tel prix?

La difficulté est encore plus grande si l'on prend en compte le fait que la trahison est celle faite à un homme qui enseignait l'amour du prochain et la compassion pour ceux qui souffrent. Ce fait, Judas n'a tout de même pas pu l'ignorer entièrement. Judas n'était tout de même pas complètement dépourvu d'intelligence.

Il est extrêmement difficile de comprendre la raison exacte de cette trahison. Quel que soit son motif, Judas s'est rendu coupable d'un acte très mystèrieux. Mystèrieux parce que c'est homme était probablement un homme bon, généreux, et qu'il aspirait lui aussi à cette forme de sainteté très particulière qui fut celle des autres disciple du Christ.

Au fond, contrairement à ce que vous supposez, Judas a eu la chance inimaginable d'être appelé par le Christ et on peut même dire qu'il a tout reçu de Dieu, bien plus que vous et moi. Il a reçu la grâce d'être l'un des Apôtres, la familiarité de se tenir auprès de Jésus... simplement, cette grâce apostolique et cette familiarité avec le Christ ne lui furent d'aucun secours parce qu'il ne croyait pas.

C'est aussi simple que celà. Il n'avait pas la foi.
Le pourquoi de cette absence de foi constitue une autre question, bien différente.


Amicalement,
V.
Mac
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Re: Le choix de Judas comme disciple

Message non lu par Mac »

Dúbida a écrit :Bonjour à tous :>

Je ne crois pas me tromper en disant que pour les chrétiens, Dieu est omniscient.
D'où ma question : pourquoi Jésus a-t-il choisi de prendre Judas comme disciple, alors qu'il savait pertinemment que ce dernier allait le trahir ?

Matthieu (26:24)
Le Fils de l'homme s'en va, selon ce qui est écrit de lui; mais malheur à l'homme par qui le Fils de l'homme est trahi ! Mieux vaudrait pour cet homme-là qu'il ne fût pas né.

Mais après tout, Jésus n'avait pas besoin de prendre Judas pour disciple ?

C'est comme si je savais d'avance que quelqu'un allait me faire du mal, mais que j'irais quand même chercher cette personne, en lui reprochant ensuite de m'avoir blessée, ce qui cependant ne serait pas arrivé si je n'étais pas allée la chercher !
Je ne sais pas si je suis très claire...
Rien dans l'évangile à ma relecture des passages concernant Judas ne laissent supposer que Jésus savait dès le départ que Judas allait devenir traitre. Par contre, l'un des apôtres dit :" c'est à ce moment là que Judas est devenu traitre." Donc je comprends moi qu'il y a un moment où Judas a basculé de l'autre côté. Enfin, je me demande si la condamnation de Judas n'a pas été fixé définitivement au moment où Jésus offre cette bouchée à Judas ( Jean 13, 14)

Marc 14 et Mathieu 26: " Car le Fils de l'homme s'en va selon ce qui est écrit de lui, mais malheureux l'homme par qui le Fils de l'homme est livré! Il vaudrait mieux pour lui qu'il ne soit pas né, cet homme là."
Luc 21,22 : "Et Satan entra en Judas Iscariote...."
Luc 22 :"Mais malheureux cet homme par qui il est livré!"
Jean 13, 14 :" C'est à ce moment, alors qu'il lui avait offert cette bouchée, que satan entra en Judas"
Jean 17, 18 :" je les ai protégés et aucun d'eux ne sait perdu, sinon le fils de perdition, en sorte que l'Ecriture soit accomplie"
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Dúbida
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Re: Le choix de Judas comme disciple

Message non lu par Dúbida »

zélie

Alors pour l'accent, ne vous inquiétez pas, c'est vraiment pas important :p. Si vraiment vous n'aimez pas "écorcher" mon nom, vous pouvez toujours faire un copier-coller !
Jésus a pu tout tenter pour le travailler au corps et le convaincre de la noblesse de l'Amour et de la Vertu (enfin, de son enseignement si vous préférez).
En fait, je viens de me rendre compte que c'est exactement ce que je ne comprend pas : pourquoi Jésus a-t-il fait cela, alors que de toute façon, il devait savoir qu'au final... ça ne servirait "à rien" ! En quelque sorte, c'était perdu d'avance !

Votre seconde réponse me fait réfléchir. Peut-être qu'en effet Judas n'aurait pas mieux tourné. J'aimerai juste savoir sur quoi vous vous basez pour dire cela : "La gloire l'intéressait, la victoire par la violence (comme les juifs imaginaient le messie) ". Je ne savais pas que les Juifs s'attendaient à un messie "violent", et à fortiori je ne savais pas que Judas, lui aussi, avait cette image en tête... Il a du être surpris en entendant parler Jésus !

Virgile

Je vous répondrai comme à zélie : ce que je ne comprend pas, c'est pourquoi a justement tout fait pour cet homme, alors qu'Il savait (enfin logiquement) qu'au final tout cela ne servirait à rien, ne convaincrais pas Judas.

Mac

Je serais bien incapable de vous citer un passage de la Bible qui dit que Jésus savait d'avance que Judas allait le trahir, mais si Jésus est Dieu, Dieu étant omniscient, je ne vois pas comment il aurait pu l'ignorer ?
Virgile
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Re: Le choix de Judas comme disciple

Message non lu par Virgile »

On pourrait prendre comme point de départ le fait que Judas ait reçu, outre la grâce de Dieu, un enseignement direct du Christ. On considérera alors que ce n'est tout de même pas rien! Et ce n'est pas rien de refuser la grâce de Dieu et l'enseignement du Christ...

Judas était un homme libre, ou plus exactement Judas disposait d'une volonté libre, d'un libre-arbitre.
Il a trahit le Christ, par un choix volontaire et libre.
Or le Christ savait de façon certaine que Judas allait le trahir.
Néanmoins Judas est resté libre, jusqu'à la fin, de ne pas trahir.

Car Dieu respecte la nature des êtres et leur liberté, jusque et y compris dans les péchés que ces être peuvent commettre.

Le Christ connaissait donc, parce qu'Il était Dieu, tous les actes à-venir de Judas, non dans l'ordre du temps, mais dans celui de la causalité. Autrement dit, le Christ savait ce que Judas allait faire, non pas parce qu'Il était un devin ou une sorte de magicien, mais parce qu'en tant que Fils de Dieu, vrai Dieu lui-même, il se savait être l'origine de tous les actes et de toutes les pensées de Judas.

Non seulement le Christ connaissait toutes les pensées et les actes réellement posés par Judas, mais il connaissait aussi toutes les pensées et les actes possibles mais non réalisés de ce même Judas. Le Christ savait que Judas allait le trahir, et Il savait aussi que Judas pouvait très bien ne pas le trahir.
Judas est resté parfaitement libre. Jusqu'à la fin. C'est Judas qui a choisi. Librement.

Le péché, c'est justement de choisir librement tel ou tel mal plutôt que tel ou tel bien.

Dans l'ordre de la connaissance qu'Il avait au sujet des actes futurs de Judas, le Christ savait aussi que Judas ne pouvait pas en même temps le trahir et ne pas le trahir. Il y avait donc une sorte de nécessité historique à la trahison de Judas, mais sa liberté de ne pas trahir a été maintenue, simplement par ce fait qu'en dernière instance il aurait pu tout aussi bien choisir de ne pas trahir le Christ au lieu de le trahir.

Autrement dit, si la volonté libre de Judas n'avait pas résisté, librement, à la grâce offerte à lui par Dieu, on ne parlerait pas de la trahison de Judas, mais de celle de quelqu'un d'autre.

Est-il possible d'imaginer la douleur ressentie par la Christ à l'instant même de cette trahison?
Elle fut certainement immense. A la mesure de l'immense liberté qu'Il avait accordé, dès l'origine des temps, à celui qui allait le trahir.

Si vous avez le temps, il faudrait peut-être aller voir ce que l'Eglise catholique enseigne au sujet du rapport entre la grâce et le libre-arbitre. C'est une question bien compliquée, qui dépasse largement les limites de mes compétences et de ma disponibilité personnelle.

Amicalement,
V.
Mac
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Re: Le choix de Judas comme disciple

Message non lu par Mac »

Dúbida a écrit : Mac

Je serais bien incapable de vous citer un passage de la Bible qui dit que Jésus savait d'avance que Judas allait le trahir, mais si Jésus est Dieu, Dieu étant omniscient, je ne vois pas comment il aurait pu l'ignorer ?
Moi non plus je ne sais pas si Jésus savait ou pas, mais l'évangile ne dit pas qu'Il savait.

Donc on ne peut pas occulter la possibilité que Jésus ne savait pas jusqu'à un moment ( l'un des apôtres dit :" c'est à ce moment là que Judas est devenu traitre) du fait que le Père ne lui avait pas encore révélé. Par exemple seul Dieu connait quand viendra la fin des temps, même le fils ne le sait pas ( cf evangile). Donc je suppose que cet élément que constituait la trahison de judas n'a été révélé au Christ qu'au cours de sa mission qui était de briser le pouvoir des ténèbres sur l'homme par la croix pour son salut.

Par ailleurs, votre question est du même ordre que celle-ci: Mais si Jésus est Dieu, Dieu étant omniscient, je ne vois pas pourquoi Il est allé au désert jeûner quarante jour? Pourquoi Jésus qui est Dieu aurait-il besoin de jeûner?

Comment Il aurait pu ignorer que Judas allait plus tard le trahir? Jésus est Dieu, Fils de Dieu fait homme, mais distinct du Père. Jésus homme prend part à tout ce que l'homme connait: pourquoi en serait-il autrement de l'ignorance qu'il ait pu avoir quant à la trahison de Judas. Il n'en demeure pas moins que le Christ reste Dieu. Un deuxième exemple qui peut nous permettre de comprendre est la guérison de Lazare :" Certes, je savais bien que tu m'exauces toujours, mais j'ai parlé à cause de cette foule qui m'entoure afin qu'ils croient que tu m'as envoyé". On voit que le Christ est soumis entièrement à ce que le Père lui accorde. S'il est soumis à Dieu Père dans le cas des miracles, il est aussi soumis à Dieu Père dans le cas de la connaissance en tout cas lorsqu'Il était sur terre.

Pour résumer, le Seigneur Jésus Christ sur terre connaissait ce que le Père lui révélait, donc il n'est pas incohérent de penser que la trahison de Judas ne lui ait été révélé qu'au cours de sa mission. Par ailleurs Certaines choses ne sont connu que du Père. Enfin Dieu est omniscent et l'a démontrez à maintes reprises par les miracles, mais dans la cadre du salut Il n'a pas brimé la liberté des hommes car comme les anges ont choisis ou refusés Dieu librement, les êtres humains choisissent ou refusent Dieu en toute liberté: sinon on est des machines programmés et sans cœur.

Ceci est ma réponse qui n'a que valeur pour moi, jusqu'à ce qu'on corrige mon erreur.
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Dúbida
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Re: Le choix de Judas Iscariote comme disciple

Message non lu par Dúbida »

Virgile
Judas était un homme libre, ou plus exactement Judas disposait d'une volonté libre, d'un libre-arbitre.
Il a trahit le Christ, par un choix volontaire et libre.
Or le Christ savait de façon certaine que Judas allait le trahir.
Néanmoins Judas est resté libre, jusqu'à la fin, de ne pas trahir.
Merci Virgile, je crois que je commence à comprendre ce que vous voulez dire. Il faudrait, comme vous me le conseillez, que j'aille me renseigner un peu plus sur le libre-arbitre. Si vous avez un site à me conseiller en particulier :>

Mac
Je dois vous avouer que je suis très surprise par votre réponse !
D'accord, l'évangile ne dit pas que Jésus le savait, mais l'évangile ne dit pas tout non plus (dans le cas contraire ce serait un énorme pavé...).
Mais voilà surtout ce que je ne comprend pas (et oui, encore quelque chose qui échappe à ma raison :roule: ) :
Donc on ne peut pas occulter la possibilité que Jésus ne savait pas jusqu'à un moment ( l'un des apôtres dit :" c'est à ce moment là que Judas est devenu traitre) du fait que le Père ne lui avait pas encore révélé. Par exemple seul Dieu connait quand viendra la fin des temps, même le fils ne le sait pas ( cf evangile). Donc je suppose que cet élément que constituait la trahison de judas n'a été révélé au Christ qu'au cours de sa mission qui était de briser le pouvoir des ténèbres sur l'homme par la croix pour son salut.
Bon. La Trinité est pour moi un vrai mystère, c'est bien le cas de le dire. Mais il me semblait quand même avoir compris que Dieu était un mais se "manifestait" en trois personnes. Si Jésus est Dieu, je ne vois pas comment il aurait pu ne pas savoir que Judas allait le trahir. Ou alors il est juste à moitié Dieu, ou alors le Fils est inférieur au Père. De même, quand vous me dites "seul Dieu connait quand viendra le fin des temps", il me semble voir une distinction claire et nette entre Jésus et Dieu (en effet, on dit "seul Dieu", mais Jésus n'est-il pas censé être Dieu ?). Bref, même topo, comment peut-on dire que Jésus est pleinement Dieu alors qu'il y a au moins une chose qu'il ne sait pas (donc il n'est pas réellement omniscient, or Dieu l'est non ?).
Malheureux, vous venez de réveiller mes doutes à ce sujet ! :s
Par ailleurs, votre question est du même ordre que celle-ci: Mais si Jésus est Dieu, Dieu étant omniscient, je ne vois pas pourquoi Il est allé au désert jeûner quarante jour? Pourquoi Jésus qui est Dieu aurait-il besoin de jeûner?
Non, bizarrement, je ne me serais pas poser cette question. J'ai lu dans un autre forum que Jésus était aussi pleinement homme, donc je ne trouve pas étonnant qu'il jeûne.
Comment Il aurait pu ignorer que Judas allait plus tard le trahir? Jésus est Dieu, Fils de Dieu fait homme, mais distinct du Père.
Oui, il m'avait semblé comprendre cela. D'où une petite question de ma part, si vous le permettez : quand quelqu'un prie Dieu, est-ce que cela inclus automatiquement Jésus et le Saint-Esprit ? Quand quelqu'un prie Jésus, est-ce qu'en même temps il prie aussi Dieu ?
Il n'en demeure pas moins que le Christ reste Dieu. Un deuxième exemple qui peut nous permettre de comprendre est la guérison de Lazare :" Certes, je savais bien que tu m'exauces toujours, mais j'ai parlé à cause de cette foule qui m'entoure afin qu'ils croient que tu m'as envoyé". On voit que le Christ est soumis entièrement à ce que le Père lui accorde.
Mais pourquoi Jésus a t-il besoin que Dieu lui "accorde" quoique ce soit, si il est lui-même Dieu ? Et pourquoi emploi-t-il cette formule : "tu m'as envoyé" (ce qui dans mon esprit le rend assez proche d'un prophète) ?
S'il est soumis à Dieu Père dans le cas des miracles, il est aussi soumis à Dieu Père dans le cas de la connaissance en tout cas lorsqu'Il était sur terre.
Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu.
Elle était au commencement avec Dieu.

Or, comment dire, dans mon esprit, même au commencement, Dieu savait déjà tout ce qui allait arriver. Or, si Jésus est Dieu, si il était au commencement avec Dieu, lui aussi savait donc déjà tout ce qui allait arriver, il avait les mêmes connaissances que Dieu le Père. Donc il savait que Judas allait le trahir. A moins qu'il ait "oublié" lors de son incarnation sur terre (je dis cela car vous avez ajouté : lorsqu'il était sur terre) ?
Mac
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Re: Le choix de Judas Iscariote comme disciple

Message non lu par Mac »

Bon. La Trinité est pour moi un vrai mystère, c'est bien le cas de le dire. Mais il me semblait quand même avoir compris que Dieu était un mais se "manifestait" en trois personnes. Si Jésus est Dieu, je ne vois pas comment il aurait pu ne pas savoir que Judas allait le trahir. Ou alors il est juste à moitié Dieu, ou alors le Fils est inférieur au Père. De même, quand vous me dites "seul Dieu connait quand viendra le fin des temps", il me semble voir une distinction claire et nette entre Jésus et Dieu (en effet, on dit "seul Dieu", mais Jésus n'est-il pas censé être Dieu ?). Bref, même topo, comment peut-on dire que Jésus est pleinement Dieu alors qu'il y a au moins une chose qu'il ne sait pas (donc il n'est pas réellement omniscient, or Dieu l'est no?).
Malheureux, vous venez de réveiller mes doutes à ce sujet ! :s
Je vais vous expliquez la Trinité avec deux exemples simples ( enfin, je crois personnellement qu'ils sont simples):

L'homme est un être unique. Cependant, on distingue bien l'âme, l'esprit, le corps. Dieu est une Personne Unique. Cependant, on distingue le Père, le Fils, le Saint Esprit. Le Fils a pris chair dans le sein de la Très Sainte Vierge Marie par l'opération du Saint Esprit accomplissant la volonté du Père pour le salut de ses créatures terrestres que nous sommes. Par ailleurs, le Seigneur Jésus nous dit qu'il est celui qui nous conduit au Père.( cf évg et caté ). Donc il y a une "hiéarachie" dans la Trinité. Un autre exemple: Une grosse bulle de savon que vous fractionner en trois autres bulles de dimension différentes. Ce n'est pas parce que chaque bulle est de dimensions différentes, que chaque bulle pris séparément est autre chose qu'un bulle de savon. Si nous réunissons ces bulles qui avaient été séparé, nous nous retrouvons avec une bulle de savon et pas autre chose. Il faut voir la Trinité sous cet angle. Donc le Christ est Dieu ( une de ces bulles pour notre exemple ) à part entière et non moitié de Dieu.
D'accord, l'évangile ne dit pas que Jésus le savait, mais l'évangile ne dit pas tout non plus
Je suis tout à fait d'accord avec votre argument c'est pourquoi je dis qu'on ne peut pas occulter la possibilité que Jésus ne savait pas jusqu'à un moment. C'est une possibilité, j'insiste sur ce point. La question à laquelle j'ai voulu répondre à partir de mon hypothèse est la suivante: l'évangile laisse t-elle apparaitre des informations qui peuvent laisser penser que le Christ sait tout d'avance ou au contraire que Dieu Père lui révèle au moment où il Lui convient. Je reprends les exemples que j'ai donné tiré de l'évangile avec un nouveau:

Seul Dieu connaît la fin des temps, même le Fils ne le sait pas.
guérison de Lazare :" :" Certes, je savais bien que tu m'exauces toujours, mais j'ai parlé à cause de cette foule qui m'entoure afin qu'ils croient que tu m'as envoyé".
Jean 1, 2: " Avant même que Philippe ne t'appelât, alors que tu étais sous le figuier je t'ai vu"

le dernier exemple montre le moment où le Seigneur prend connaissance des évènements ainsi que l'un des moyens: une vision. J'espère que c'est pas trop compliqué pour vous! N'hésitez pas à dire si cela vous embrouille dans votre foi car c'est pas le but..
Mais pourquoi Jésus a t-il besoin que Dieu lui "accorde" quoique ce soit, si il est lui-même Dieu ? Et pourquoi emploi-t-il cette formule : "tu m'as envoyé" (ce qui dans mon esprit le rend assez proche d'un prophète) ?
Par l'accomplissement de sa mission, Dieu à tout mis au pied de son Fils. Donc demander au Fils, c'est comme demandé au Père.

Dieu a envoyé Jésus dans le monde afin que tous ceux qui croit en Lui ( c'est à dire en Jésus: Dieu ) soit sauvé. C'est révélé par le Christ dans l'évangile.

Le Christ n'est pas un prophète au sens commun du terme. C'est le Fils de Dieu :aucun prophète ne ressuscite les morts et encore moins peut sauver une âme. Donc c'est à tord qu'on utilise ce terme en parlant du Christ. Des pseudo-prophètes du nom de Jésus, il peut y en avoir en enfer mais Jésus Christ Fils de Dieu est à la droite du Père. Ceux qui prétendre que le Christ est un prophète uniquement, et lui enlève sa part de Divinité sont dans une erreur monumentale : si le Christ avait dit devant le sanhédrin qu'il était un prophète il n'aurait pas été supprimé. C'est parce qu'il a révélé ouvertement sa Divinité qu'on l'a tué. Je ne sais pas si vous voyez la gravité de l'erreur de ceux qui prétendent que le Christ est un prophète, mais pas Fils de Dieu. Ils pensent comme le sanhédrin qui a condamné Jésus. Personnellement, je fuis ce type de conception.


Que le Seigneur Jésus Christ vous bénisse.
Dernière modification par le bon Seb le dim. 05 juil. 2009, 1:43, modifié 2 fois.
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Virgile
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Re: Le choix de Judas Iscariote comme disciple

Message non lu par Virgile »

Bonjour,

le mieux serait d'aller sur le site du Vatican et de lire le Catéchisme de l'Eglise catholique. En ce qui concerne le libre-arbitre, il y a de tout et de n'importe quoi sur l'Internet... surtout n'importe quoi d'ailleurs. Le mieux, si vous en avez le temps, serait de procéder méthodiquement et de vous procurez des livres sur cette question. En particulier, si vous aimez la difficulté, vous pouvez essayer de lire ce que saint Augustin et saint Thomas d'Aquin ont écrit sur la question de la grâce, de la prédestination et du libre-arbitre. Les oeuvres complètes de ces deux auteurs sont disponibles sur l'Internet (en latin et en français).

Dans le catéchisme de l'Eglise catholique, vous pourvez regarder ici:

(http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P5G.HTM)
[+] Texte masqué
TROISIEME PARTIE LA VIE DANS LE CHRIST
PREMIERE SECTION LA VOCATION DE L’HOMME: LA VIE DANS L’ESPRIT
CHAPITRE PREMIER LA DIGNITE DE LA PERSONNE HUMAINE

Article 3 La liberté de l’homme
1730 Dieu a créé l’homme raisonnable en lui conférant la dignité d’une personne douée de l’initiative et de la maîtrise de ses actes. " Dieu a ‘laissé l’homme à son propre conseil’ (Si 15, 14) pour qu’il puisse de lui-même chercher son Créateur et, en adhérant librement à Lui, parvenir à la pleine et bienheureuse perfection " (GS 17) :
L’homme est raisonnable, et par là semblable à Dieu, créé libre et maître de ses actes (S. Irénée,
I. Liberté et responsabilité
1731 La liberté est le pouvoir, enraciné dans la raison et la volonté, d’agir ou de ne pas agir, de faire ceci ou cela, de poser ainsi par soi-même des actions délibérées. Par le libre arbitre chacun dispose de soi. La liberté est en l’homme une force de croissance et de maturation dans la vérité et la bonté. La liberté atteint sa perfection quand elle est ordonnée à Dieu, notre béatitude.
1732 Tant qu’elle ne s’est pas fixée définitivement dans son bien ultime qu’est Dieu, la liberté implique la possibilité de choisir entre le bien et le mal, donc celle de grandir en perfection ou de défaillir et de pécher. Elle caractérise les actes proprement humains. Elle devient source de louange ou de blâme, de mérite ou de démérite.
1733 Plus on fait le bien, plus on devient libre. Il n’y a de liberté vraie qu’au service du bien et de la justice. Le choix de la désobéissance et du mal est un abus de la liberté et conduit à " l’esclavage du péché " (cf. Rm 6, 17).
1734 La liberté rend l’homme responsable de ses actes dans la mesure où ils sont volontaires. Le progrès dans la vertu, la connaissance du bien et l’ascèse accroissent la maîtrise de la volonté sur ses actes.
1735 L’imputabilité et la responsabilité d’une action peuvent être diminuées voire supprimées par l’ignorance, l’inadvertance, la violence, la crainte, les habitudes, les affections immodérées et d’autres facteurs psychiques ou sociaux.
1736 Tout acte directement voulu est imputable à son auteur :
Ainsi le Seigneur demande à Adam après le péché dans le jardin : " Qu’as-tu fait là ? " (Gn 3, 13). De même à Caïn (cf. Gn 4, 10). Ainsi encore le prophète Nathan au roi David après l’adultère avec la femme d’Urie et le meurtre de celui-ci (cf. 2 S 12, 7-15).
Une action peut être indirectement volontaire quant elle résulte d’une négligence à l’égard de ce qu’on aurait dû connaître ou faire, par exemple un accident provenant d’une ignorance du code de la route.
1737 Un effet peut être toléré sans être voulu par l’agent, par exemple l’épuisement d’une mère au chevet de son enfant malade. L’effet mauvais n’est pas imputable s’il n’a été voulu ni comme fin ni comme moyen de l’action, ainsi la mort reçue en portant secours à une personne en danger. Pour que l’effet mauvais soit imputable, il faut qu’il soit prévisible et que celui qui agit ait la possibilité de l’éviter, par exemple dans le cas d’un homicide commis par un conducteur en état d’ivresse.
1738 La liberté s’exerce dans les rapports entre les êtres humains. Chaque personne humaine, créée à l’image de Dieu, a le droit naturel d’être reconnue comme un être libre et responsable. Tous doivent à chacun ce devoir du respect. Le droit à l’exercice de la liberté est une exigence inséparable de la dignité de la personne humaine, notamment en matière morale et religieuse (cf. DH 2). Ce droit doit être civilement reconnu et protégé dans les limites du bien commun et de l’ordre public (cf. DH 7).

II. La liberté humaine dans l’économie du salut
1739 Liberté et péché. La liberté de l’homme est finie et faillible. De fait, l’homme a failli. Librement, il a péché. En refusant le projet d’amour de Dieu, il s’est trompé lui-même ; il est devenu esclave du péché. Cette aliénation première en a engendré une multitude d’autres. L’histoire de l’humanité, depuis ses origines, témoigne des malheurs et des oppressions nés du cœur de l’homme, par suite d’un mauvais usage de la liberté.
1740 Menaces pour la liberté.L’exercice de la liberté n’implique pas le droit de tout dire et de tout faire. Il est faux de prétendre que " l’homme, sujet de la liberté, se suffit à lui-même en ayant pour fin la satisfaction de son intérêt propre dans la jouissance des biens terrestres " (CDF, instr. " Libertatis conscientia " 13). Par ailleurs, les conditions d’ordre économique et social, politique et culturel requises pour un juste exercice de la liberté sont trop souvent méconnues et violées. Ces situations d’aveuglement et d’injustice grèvent la vie morale et placent aussi bien les forts que les faibles en tentation de pécher contre la charité. En s’écartant de la loi morale, l’homme porte atteinte à sa propre liberté, il s’enchaîne à lui-même, rompt la fraternité de ses semblables et se rebelle contre la vérité divine.
1741 Libération et salut. Par sa Croix glorieuse, le Christ a obtenu le salut de tous les hommes. Il les a rachetés du péché qui les détenait en esclavage. " C’est pour la liberté que le Christ nous a libérés " (Ga 5, 1). En Lui, nous communions à " la vérité qui nous rend libres " (Jn 8, 32). L’Esprit Saint nous a été donné et, comme l’enseigne l’Apôtre, " là où est l’Esprit, là est la liberté " (2 Co 3, 17). Dès maintenant, nous nous glorifions de la " liberté des enfants de Dieu " (Rm 8, 21).
1742 Liberté et grâce. La grâce du Christ ne se pose nullement en concurrente de notre liberté, quand celle-ci correspond au sens de la vérité et du bien que Dieu a placé dans le cœur de l’homme. Au contraire, comme l’expérience chrétienne en témoigne notamment dans la prière, plus nous sommes dociles aux impulsions de la grâce, plus s’accroissent notre liberté intime et notre assurance dans les épreuves, comme devant les pressions et les contraintes du monde extérieur. Par le travail de la grâce, l’Esprit Saint nous éduque à la liberté spirituelle pour faire de nous de libres collaborateurs de son œuvre dans l’Église et dans le monde :
Dieu qui es bon et tout-puissant, éloigne de nous ce qui nous arrête, afin que sans aucune entrave, ni d’esprit ni de corps, nous soyons libres pour accomplir ta volonté (MR, collecte du 32e dimanche).
EN BREF
1743 " Dieu a laissé l’homme à son propre conseil " (Si 15, 14) pour qu’il puisse librement adhérer à son Créateur et parvenir ainsi à la bienheureuse perfection (cf. GS 17, § 1).
1744 La liberté est le pouvoir d’agir ou de ne pas agir et de poser ainsi par soi-même des actions délibérées. Elle atteint la perfection de son acte quand elle est ordonnée à Dieu, le souverain Bien.
1745 La liberté caractérise les actes proprement humains. Elle rend l’être humain responsable des actes dont il est volontairement l’auteur. Son agir délibéré lui appartient en propre.
1746 L’imputabilité ou la responsabilité d’une action peut être diminuée ou supprimée par l’ignorance, la violence, la crainte et d’autres facteurs psychiques ou sociaux.
1747 Le droit à l’exercice de la liberté est une exigence inséparable de la dignité de l’homme, notamment en matière religieuse et morale. Mais l’exercice de la liberté n’implique pas le droit supposé de tout dire ni de tout faire.
1748 " C’est pour la liberté que le Christ nous a libérés " (Ga 5, 1).

En ce qui concerne le Christ, vous pouvez regarder ici:

(http://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P1G.HTM)

PREMIERE PARTIE LA PROFESSION DE LA FOI
DEUXIÈME SECTION LA PROFESSION DE LA FOI CHRETIENNE
CHAPITRE DEUXIEME JE CROIS EN JÉSUS-CHRIST, LE FILS UNIQUE DE DIEU
Article 3 " JESÚS-CHRIST A ETE CONÇU DU SAINT-ESPRIT, IL EST NE DE LA VIERGE MARIE "
Paragraphe 1. LE FILS DE DIEU S’EST FAIT HOMME
Le Cœur du Verbe incarné
478 Jésus nous a tous et chacun connus et aimés durant sa vie, son agonie et sa passion et il s’est livré pour chacun de nous : " Le Fils de Dieu m’a aimé et s’est livré pour moi " (Ga 2, 20). Il nous a tous aimés d’un cœur humain. Pour cette raison, le Cœur sacré de Jésus, transpercé par nos péchés et pour notre salut (cf. Jn 19, 34), " est considéré comme le signe et le symbole éminents... de cet amour que le divin Rédempteur porte sans cesse au père éternel et à tous les hommes sans exception " (Pie XII, Enc. " Haurietis aquas " : DS 3924 ; cf. DS 3812).
Bonne fin de semaine à vous.

V.
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Dúbida
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Re: Le choix de Judas Iscariote comme disciple

Message non lu par Dúbida »

Bonjour Mac,
J'ai bien aimé votre exemple avec la bulle de savon, je n'avais encore jamais entendu décrire la Trinité de cette façon. Cependant, je ne comprend pas qu'il soit possible qu'il y ait une hiérarchie entre ces trois personnes. Comment Dieu peut-Il être inférieur à Dieu ? (ou alors vous dites hiérarchie dans un autre sens ?).
De la même façon, ça me paraît fou que Dieu le Père ait la possibilité de connaitre quelque chose que son fils ne connait pas ! Vous allez dire que je me répète, c'est vrai, mais pour moi une des caractéristiques de Dieu, c'est d'être omniscient, or Jésus ne l'est pas, donc comment peut-il être Dieu !
N'hésitez pas à dire si cela vous embrouille dans votre foi car c'est pas le but..
La foi je ne l'ai pas encore, alors ne vous inquiétez pas pour ça ! C'est juste que je croyais enfin avoir un peu compris, et en fait non !

Bonjour Virgile,
Merci de vous être donné ce mal, c'est très gentil ! Je vais continuer de regarder le catéchisme de l'Église catholique, je réserve Saint Thomas en latin pour plus tard ;)
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