Bonjour Boris, bonjour à tous,
Boris :
Le Christ nous demande d'aimer tous les hommes, pécheurs ou non.
Par contre, pour les personnes homosexuelles, Il nous demande dans le même temps de leur dire qu'elles vivent dans le péché
Ai-je mal lu les Evangiles ? je n'ai pas trouvé cette référence à une parole du Christ nous enjoignant de dire aux homosexuels qu’ils vivent dans le péché.
Boris :
De plus, "Mère Nature" montre aussi que leur relation sont contre-natures. Encore une fois, soyons crus : un anus n'est pas un organe sexuel
Je ne veux pas être vulgaire, cher Boris, mais vous avez peut-être remarqué, que la main, la bouche, l’anus, deviennent des organes sexuels chez les hétéros. Et bien d’autres parties du corps, quand on y pense. Et (je vous le livre en confidence)
on y pense. Chez l’être humain, le cerveau est sans doute le seul organe sexuel.
Quant à Mère Nature, elle a une progéniture très diverse. Je suis toujours étonné de ces appels qu’on lui lance pour défendre telle ou telle pratique à l’exclusion de toute autre. La monogamie est très rare dans le monde animal (parmi les mammifères, je la connais chez les loups, les renards, les castors, peut-être les éléphants, vous me citerez sans doute une ou deux autres espèces). En revanche, l’homosexualité, au moins occasionnelle, est universelle. Chez les êtres humains, elle est attestée dans toutes les sociétés, à toutes les époques, sur tous les continents. On n’en conclut pas que l’homosexualité est
bonne, mais qu’elle n’est assurément pas étrangère à Mère Nature.
Se référer à la nature pour prohiber des pratiques sexuelles, c’est se limiter à prohiber la lecture.
Boris :
par définition, ils ne pourront jamais être mariés. Sinon, ce que l'on a changé le sens du mot mariage et l'acte lui-même qui est l'union d'un homme et d'une femme en vue de fonder une famille.
Cette définition est celle du
mariage catholique, et qualifiée ainsi, elle est tout à fait légitime. Mais comme je l’ai écrit ailleurs sur ce forum, nous n’avons pas l’exclusivité du mot « mariage » (pas plus que du mot « prêtre », qui peut désigner le prêtre de Baal ou le serviteur du Christ, ou du mot « église », qui renvoie aussi bien à la Scientologie qu’aux mormons, etc.). Les musulmans, les Eskimos, la loi française … entendent par « mariage » une autre relation que l’union indissoluble d’un homme et d’une femme. Si deux ou plusieurs êtres humains veulent nouer des liens entre eux et appeler cette union « mariage », quel mal y a-t-il ? Cela ne fait que renforcer la valeur spécifique et unique du sacrement que nous désignons par l’appellation contrôlée « mariage catholique ».
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DavidB l’a dit plus haut, « homophobie » est un fort maladroit néologisme (« peur du même » ?!?). Le langage courant cependant précise bien le sens :
agressivité envers les homos. Or quelle forme cette agressivité peut-elle prendre ?
Lorsque des adultes consentants pratiquent leur sexualité, nous avons le droit de
commenter et de
critiquer, comme nous pouvons le faire de n’importe quelle activité humaine.
Il est donc légitime de blâmer moralement l’homosexualité, comme de condamner le prêt à intérêt, la consommation de cocaïne et les
rave parties. On peut rappeler que l’homosexualité, si Jésus n’en parle pas, est néanmoins prohibée par le Lévitique et Saint Paul (sous quelle forme, ça se discute). L’Eglise catholique est tout à fait dans son rôle de la proscrire à ses fidèles. Je ne me sens pas concerné personnellement puisque je suis résolument hétéro. Je ne vois aucun mal dans l’homosexualité. Mais il est des comportements que l’on adopte par amour, même si on les considère absurdes. S’il prenait à ma mère la lubie de manger avant le lever du soleil, d’interdire l’écoute du jazz et de ne se chauffer qu’au feu de bois, je le ferais pour elle. Si ces exigences devenaient trop contraignantes, je la fréquenterais moins, mais mon amour pour l’Eglise supporte encore la discipline qu’elle me demande dans ce qu’elle a d’irrationnel.
Dans cette critique de la pratique homosexuelle, il est discourtois d’utiliser certains mots ; cependant je m’élève totalement contre la loi prohibant les injures racistes, antisémites, sexistes, etc.
La courtoisie doit rester une affaire d’éducation, pas de législation. Voilà le problème auquel se heurte toute politique qui n’est pas radicale, c'est-à-dire qui se dispense de principes, qui se veut
pragmatique, qui « navigue à vue ». Puisque des politiciens inconséquents ont introduit dans la loi le concept d’injure qui n’y a pas sa place, les musulmans réclament la tête (littéralement en fait) d’un caricaturiste de Mahomet, et faute de l’avoir, actionnent la justice. Les chansonniers ne critiquent plus que la météo, les artistes se censurent eux-mêmes, bref, on ne tire plus que sur les catholiques. L’ennui règne, et un pays morose est un pays déclinant.
L’idée qu’un discours haineux va entraîner mécaniquement la violence revient à nier la culpabilité des agresseurs. Forcément. Si Mangemoufle a tabassé un quidam
parce qu’un bouquin ou un baratin prêche la haine des quidams, il faut condamner le prêcheur, mais pas le tabasseur. La proposition est intenable. Si l’on condamne l’auteur de l’agression, c’est bien parce qu’on reconnaît qu’
il pouvait ne pas suivre les conclusions du discours. Donc le discours
n’est pas la cause de l’agression et son auteur est innocent de tout crime
(sauf pour ceux qui considèrent que le seul fait d’écrire ou parler peut constituer un crime en soi ; malheureusement, il y a encore des gens comme ça).
Une victime d’agression physique vaut toutes les autres, ni plus ni moins. Qu’elle ait été attaquée à cause de son fric, de ses opinions, de sa couleur de peau, de son homosexualité, ne change rien à l’affaire. Croire que la culpabilité est plus grande lorsqu’on attaque un Noir, un Juif ou un homosexuel, c’est attacher une importance plus grande à certains êtres humains, noirs, juifs et homosexuels, qu’à d’autres êtres humains, et cette démarche est en soi un acte raciste et sexiste.
Cordialement
Christian
Je ne veux pas vivre dans un pays où l’on n’aurait pas le droit de me traiter de faggot.
Un ami anglais homosexuel, intelligent, bien dans sa peau, donc libéral