Bonjour Olivier,
J’ai beau vous relire, je ne vois pas ce que vous voulez dire ni où vous voulez en venir.
J’en comprends néanmoins que pour vous, la doctrine sur les indulgences serait incomplète, inachevée, imparfaite donc. Et plus particulièrement concernant les indulgences partielles.
J’avoue que pour ma part, étant donné la relative facilité (j’omets la condition de contrition parfaite, qui dépasse d’une certaine façon notre capacité immédiate ) avec laquelle peut se gagner une indulgence plénière, je suis pleinement satisfait de cette partie de doctrine qui concrètement consiste à vouloir globalement les gagner quand nous en accomplissons une œuvre et d’ainsi renforcer la communion des saints et notre « participation » dans tous les instants de notre vie.
Dans ce que vous nous rappelez d’abord
Olivier JC a écrit : ↑mar. 26 août 2025, 18:12
La question est ici plus subtile, et je m'autorise un rapide
excursus. A l'origine, l'indulgence accordée par l'Eglise consiste à remplacer X jours de pénitence imposés par l'Eglise par une oeuvre quelconque fixée par cette dernière. C'est de là que vient la pratique des
jours d'indulgence, dans une logique analogique : telle oeuvre permettant d'obtenir 200 jours d'indulgence se comprend comme correspondant à une réparation équivalente à 200 jours de pénitence.
Il ressort bien que cette analogie était déjà une pratique d’indulgence de la part de l’Eglise, disposant ainsi de son trésor, car remplacer par exemple un pèlerinage Paris/Compostelle ou même Mont St Michel ou même Chartres par une prière d’à peine quelques minutes, voire secondes, c’est surtout me semble-t-il nous faire réfléchir sur la valeur rattachée à ce que dit et représente ces prières dans une perspective ouverte par la comparaison entre ces jours !
Je trouve donc que d’avoir supprimé cette quantification a été une bonne chose, car au lieu de nous faire réfléchir et de nous rendre éblouis et reconnaissants, nous en ressortions plutôt blasés et inconscients.
D’autant plus que ces jours étaient des jours de pénitence sur terre, et qu’il n’existait ni n’existe (et c’est selon moi heureux) aucune équivalence avec ceux de purgatoire, dont toutes les révélations privées nous indiquent qu’ils sont « plus pénibles » en respectant précisément un principe d’équivalence, ce qui renforce encore notre évidente « fatuité » et légèreté à cet égard – or à force d’y réfléchir et paradoxalement, cela rend la vérité encore moins crédible ou finalement plus effrayante, même si ces jours rattachés aux indulgences en sortaient en principe valorisés !
C’était presque brader la question, quand on pense à la difficulté que représentait ces pèlerinages pour un chevalier du moyen-âge (sans oublier le risque de mauvaises rencontres !).
Si je reprends maintenant votre propos
Olivier JC a écrit : ↑mar. 26 août 2025, 18:12
En réalité, la théologie des indulgences est encore en cours de maturation. Paul VI y a participé, François également à l'occasion des derniers jubilés (cf. les bulles d'indiction). Le point le plus délicat, qui n'est pas encore véritablement parvenu à une expression tout à fait satisfaisante, est d'expliquer le mode d'action des indulgences notamment pour âmes se trouvant au Purgatoire, puisqu'il s'agit tout autant d'extériorité (la peine à purger) que d'intériorité (purification de l'âme).
Ma première question aura été : en quoi ces bulles d’induction vous semblent avoir apporté une « maturation » sur le sujet ?
Ma réaction en second aura été de me souvenir que le mode d’action ne permet pas de savoir de combien de jours de purgatoire une indulgence aura permis de diminuer la peine, mais comme je l’écrivais dans ce que vous avez cité, cela n’a pas trop d’importance puisque nous ne savons pas d’abord et non plus, à combien de jours de purgatoire correspond la réparation de telle faute.
Or là encore, cette ignorance me semble inévitable et une bonne chose, elle garantit notre liberté et celle de Dieu, aussi bien au moment de la faute qu’ensuite ! Chaque faute est unique, sa réparation également, quelles que soient les équivalences ; et en connaître quoi que ce soit supposerait de voir Dieu, et encore !, d’y découvrir du nouveau – laquelle découverte peut nous être offerte ici-bas par révélation privée ponctuelle et pour un cas bien précis.
Qui en a bénéficié sait que si cela suppose la foi et s’appuie dessus, curieusement cela ne la renforce pas et pourtant, une certitude de vérité y est rattachée. Au regard des vérités et du dogme, de tout ce savoir religieux qui nous appartient, ces choses que Dieu seul peut nous enseigner ne doivent et ne devraient pas faire l’objet de jalousie, bien que leur côté pratique soit bien plus essentiel que tout autre savoir.
Ici, cela nous éclaire sur un point : si les jours de pénitence ici-bas sont moins « couteux » que ceux de purgatoire, c’est grâce à une béatitude surnuméraire : « heureux ceux qui croient sans m’avoir vu » dont se présente ainsi une réalité pratique !
D'ailleurs, tout se résume à la pratique et le renforcement des 3 vertus théologales, y compris dans l’acquisition de cet état de contrition parfaite, désormais fort valorisé comme il se doit et se devait de l’être.
Vous faites enfin une distinction entre la peine à purger (sur quoi j’ai beaucoup parlé) et la purification de l’âme, qui elle n’a été concernée par moi qu’en considérant cet état de contrition parfaite – qui est celui en purgatoire, mais trop tard pour que ce soit utile !
Je ne suis par conséquent pas certain que ce soit pertinent de la mentionner comme s’effectuant au purgatoire, elle y est tout bonnement remplacée par la souffrance ! Il y a bien une grâce communément donnée par Dieu à l’entrée du purgatoire, en quelque sorte, et qui revient à ce que déjà, nous sommes devenus ou entrés dans l’incapacité de commettre un nouveau péché.
La vraie question porte donc il me semble davantage sur notre vie ici-bas, comment toutes nos pratiques pieuses peuvent accélérer ou pas notre mise en état de contrition parfaite, car hélas ce n’est souvent pas le cas, alors que cela devrait être notre priorité !
Nous rejoignons en biais une des questions auxquelles s’est promis de me répondre PP, à l’occasion d’un échange où vous interveniez et qui remonte au 9 juillet sur le fil ouvert par Gaudens à propos du « jansénisme » de PP !
Je vous la remet ici car en l’attente de sa réponse, et ne voulant pas l’influencer, je ne creuserai pas davantage la question ici de cette purification, et de son impact sur la béatitude future qui peut se mesurer de différente façons (son intensité, notre place -lieu ou hiérarchiquement - etc.)
cmoi a écrit : ↑mer. 09 juil. 2025, 3:59
Perlum Pimpum a écrit : ↑mar. 08 juil. 2025, 7:57
Je n'ai pas d'hostilité à la thèse (contestée) de la reviviscence des mérites passés, une fois la charité retrouvée, mais tant qu'elle est perdue, n'est plus que le démérite du péché : la dette de peine éternelle liée au péché mortel.
Dans la mesure où les mérites sont dits suspendus par la perte de l’état de grâce, c’est qu’ils ne sont pas perdus ! S’ils ne sont pas recouvrés avec la grâce, cela voudrait dire qu’ils ont servi de substitution (ou d’atténuation) au châtiment, ou que dans la communion des saints (réversibilité des mérites) ils ont été affectés à d’autres, ce qui est assez pervers.
Quoi d’autre ?
D’où ma question : considérez-vous que les mérites puissent avoir valeur d’indulgence et « effacer la peine », ou que ce sont 2 domaines étanchent et qu’ils ne concernent que la place ou le degré de béatitude future ? Etablissez-vous (ou d’autres qui ont eu cette idée) une distinction d’étanchéité selon que l’on se trouverait ici-bas, en état de grâce ou pas, à la porte de l’enfer, du purgatoire ou du ciel ?
Par ailleurs, étant donné qu’on ne se sauve pas sans mérite, cela voudrait dire qu’il faudrait attendre d’en acquérir un après une absolution pour vraiment retrouver totalement la grâce !? (Sans doute, sauf dans le cas d’un baptême où les mérites du Christ remplacent les nôtres… ?)
J'ai déjà été bien long !