Fraternité Saint Pierre (FSSP) et Fraternité Saint Pie X (FSSPX)

« Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde. » (Mt 5.13-14)
Règles du forum
Forum de discussions entre chrétiens sur les questions ecclésiales
zumonin
Ædilis
Ædilis
Messages : 30
Inscription : sam. 30 avr. 2022, 10:44

Re: Fraternité Saint Pierre (FSSP) et Fraternité Saint Pie X (FSSPX)

Message non lu par zumonin »

ChristianK a écrit : mar. 29 avr. 2025, 17:35 Distinctions pertinentes, ok, mais en ce cas on pourrait néanmoins dire que la pastorale est plus large que le charisme, mais que le charisme demeure néanmoins une part d’une pastorale, et non une différence doctrinale (sauf à la fsspx pour la liberté religieuse selon Pie IX et Vatican II, et encore plus les sédévacantistes) ou dogmatique. De même la différence entre forme extra et ordi est de pastorale liturgique. De même la différence entre jésuites et dominicains. Peut-être pourrait-on dire que le charisme est une pastorale mais dans un sens plus spécialisé ou restreint, pointu.
Mais je ne vois pas clairement en quoi les chiffres ci-haut perdraient de la signification à cause de ça. Le charisme de la forme extra demeure significatif pour les vocations, même s’il n’est pas le seul à l’être (par comparaison au « charisme » progressiste avec les défroquages massifs observés en 1965-2000) . Étant admis bien sûr que les 3000 ou 5000 fidèles du Chardonnet de Paris sont difficilement comparables aux chapelles locales.
Oui la définition que j'emploie est bien dans ce sens

Les chiffres perdent leur signification car la distinction entre le charisme et la pastorale est le fait que la pastorale est évolutive alors qu'un charisme ne l'est pas. Une paroisse, un diocèse peut faire évoluer sa pastorale, peut être en appuyant des charismes particuliers. Cela permet alors de comparer des statistiques vocationnelles entre deux diocèses par exemples, le diocèse de Vannes et celui de Nice qui vont attester de la qualité de la pastorale à Vannes de part le nombre de vocation.
Une communauté constitué autour d'un charisme, elle, sera soumise au temps et l'évolution sociétale des fidèles . Aujourd'hui elle va dans le sens du conservatisme et la messe tridentine pour une proportion certaine, demain ce sera peut-être d'autres charismes qui parleront aux générations futures.
Ainsi des communautés ayant eu un certain rayonnement ont pu s'effacer et revenir en fonction de la réalité du monde

C'est là que s'explique l'insignifiance de la comparaison, on compare le nombre de lieu de culte hérités d'une période avec des communautés nouvelles en croissance et qui n'ont pas fini leur structuration
Nous pouvons comparer les vocations jésuites et de l'ordre clunisien pourtant dans la forme extra à ce moment là.

Les vocations sous la forme extra représente 10% des vocations religieuses en France (observables sur les ordinations de ces dernières années et des 2/3 prochaines), équivalant à la proportion de fidèles pratiquants dans la jeune génération. Il n'y a pas de surpondération vocationnelle avec le charisme extra. Ces chiffres me paraissent plus justes en vue d'une analyse comparative entre la forme ordinaire et extra

Mais encore une fois, ce n'est pas mon point initial, ma réflexion et autour des défections pendant la durée du séminaires dans la forme extra et en particulier la FSSPX dans laquelle je source assez facilement les chiffres de défections
Avatar de l’utilisateur
ChristianK
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 1347
Inscription : lun. 10 mars 2008, 18:43

Re: Fraternité Saint Pierre (FSSP) et Fraternité Saint Pie X (FSSPX)

Message non lu par ChristianK »

Je pense que les chiffres de défections à la fssp soient différents (pour ce que j’en ai observé, vers les diocésains).

Pour le reste votre modèle est fascinant et invalide effectivement le mien que je devrai abandonner le cas échant. Mais il faut que le taux d’ordination des jeunes de forme ordi soit comparable.

D’abord les ordinations de forme extra semblent plus proches de 20% que de 10 :

https://www.bfmtv.com/societe/religions ... 70023.html


Mes observations multiples m’ont fait voir 70 à 200 fidèles (max) à chaque messe de chapelle observée, le Chardonnet de Paris étant une grosse exception. Si on a 200 lieux, ca ferait 20000-40000 pour la France, mettons 35000+5000 pour le Chardonnet pour arrondir.
Or il y aurait 3.2 millions de pratiquants ordis :

https://www.ouest-france.fr/societe/rel ... d69d6d2e11

40000/3.2 millions= 1.25% de pratiquants tradis.

A chaque chapelle observée j’ai compté les enfants et ados, j’ai bien vu qu’ils étaient plus proportionnellement nombreux qu’à la forme ordi, surtout s’il y a une école pas loin, mais ils n’étaient pas surabondants non plus, c’était assez variable : parfois 5-10%, parfois 20%, mais presque jamais 30%. Il y a des lieux tradis de vieux (généralement avec vieux prêtre) et des lieux plus jeunes.

Si on prend 1.25% de jeunes de forme extra et 10% (votre chiffre) de forme ordi, on arrivera a peu près à mes proportions de vocations par l’autre calcul (lieux de culte).
Une stat donne 8% de jeunes de forme ordi donc 256000. 8% de 40000 de forme extra donne 3200.
3200/256000= 1.25%. Or les jeunes de forme extra ont 20% des ordinations.
Vu d’un autre angle : à la forme ordi il y a 100 ordinations pour 256000 jeunes, au lieu de 20 pour 3200 jeunes à la forme extra. On ne peut donc pas dire qu’à la forme ordi il y a 10% (ou 20) d’ordination correspondant au taux de jeunes pratiquants ordi.
Peut-être que le chiffre de 40000 de forme extra est trop bas, ce pourrait être 100000, avec le calcul :
-20 ordinations pour 8000 jeunes à la forme extra : 1 ordination pour 400
-vs 100 ordinations pour 256000 à la forme ordi. 1 ordination pour 2560
patatedouce
Prætor
Prætor
Messages : 133
Inscription : lun. 26 juin 2023, 20:37
Conviction : Catholique (Homme)

Re: Fraternité Saint Pierre (FSSP) et Fraternité Saint Pie X (FSSPX)

Message non lu par patatedouce »

Je précise encore plus ma pensée.

A mon avis, la ligne de crête est la place du prêtre dans l’Eglise. Les tradis veulent un prêtre qui est entre Dieu et les fidèles ; les modernistes veulent un prêtre qui est un fidèle parmi les fidèles.

La liturgie est juste un moyen de matérialiser cette ligne de crête. Les tradis n’appliquent pas les réformes après Vatican II car ça ne se faisait pas dans l’ancienne liturgie (pas de diacre permanent, pas de conseil pastoral…).
Chez les modernistes, j’ai le sentiment que la formation continue est plus forte chez les laïcs que chez les prêtres.

Pour moi, ça implique une vision différente de la spiritualité (dans le Christ). Chez les tradis, elle est accessoire, vu qu’elle passe après la vie quotidienne, alors que chez les modernistes elle a une place plus importante.
On peut voir que dans certaines paroisses modernistes (celles en périphérie), il y a un affaiblissement de la foi : il n’est pas nécessaire d’aller à la messe le dimanche, liturgie sans le prêtre… Dans ces paroisses, je sens un flottement par moment : Est-ce que la finalité est Dieu, ou faire des réunions pour faire des réunions.

C’est vrai que sur la liturgie, je suis plus réservé, car je pense qu’elles peuvent être identiques (à deux trois choses près). En revanche, sur la place du prêtre, je suis plus en accord avec les tradis.
C’est un peu le débat qu’il y a eu en 2017 lors de l’élection de Macron et le rejet des professionnels de la politique. Moi, à l’époque, et c’est ce qui a été démontré, je pensais que c’était très hypocrite de dire qu’un citoyen lambda pouvait gérer les institutions (les défauts des pros ont été retrouvés sur les amateurs ; de plus il y a eu beaucoup d’abandons car la tâche était trop prenante…).
Je pense qu’un prêtre c’est 8 ans d’étude, une vie de privation, on ne peut pas le remplacer par un laïc comme ça. Au lieu de former des laïcs, il faut former des prêtres en formation continue.

Cela étant, je comprends qu’il faut un certain dynamisme des laïcs pour créer de nouvelles paroisses et communautés. Je comprends également qu’il faut un minimum d’encadrement (afin de s’assurer que le prêtre ne va pas au-delà de ces compétences).
Je ne sais pas ce que vous en pensez ?
Je pense que la place du prêtre dans l’Eglise est un grand sujet qui nécessite une réflexion plus approfondie.


PS : j’utilise moderniste et tradi pour bien identifier les courants (pas de manière péjorative ou méliorative).
Avatar de l’utilisateur
Fée Violine
Consul
Consul
Messages : 12935
Inscription : mer. 24 sept. 2008, 14:13
Conviction : Catholique ordinaire. Laïque dominicaine
Localisation : France
Contact :

Re: Fraternité Saint Pierre (FSSP) et Fraternité Saint Pie X (FSSPX)

Message non lu par Fée Violine »

Désolée, patatedouce, mais moderniste n'est pas un terme neutre. C'est une hérésie, donc un terme insultant.
Avatar de l’utilisateur
Olivier JC
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 1348
Inscription : mer. 16 avr. 2008, 23:57
Localisation : Bordeaux

Re: Fraternité Saint Pierre (FSSP) et Fraternité Saint Pie X (FSSPX)

Message non lu par Olivier JC »

Bonjour,

Le positionnement des prêtres est une problématique qui me semble plus complexe que l'opposition qui en est ici faite entre une vision traditionnaliste et une vision moderniste, restant sauve sur ce dernier point la remarque très juste de Fée Violine.

La problématique vient de la difficulté, compte-tenu de la blessure originelle, d'atteindre l'objectif fixé par Notre Seigneur : "Vous le savez : les chefs des nations les commandent en maîtres, et les grands font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne devra pas en être ainsi : celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur ; et celui qui veut être parmi vous le premier sera votre esclave".

En d'autres termes, de la difficulté à exercer une autorité sans s'inscrire dans un rapport de domination, cette tendance étant intrinsèque aux conséquences du péché originel ainsi que le Livre de la Genèse nous l'apprend dès le premier instant s'agissant le relation humaine la plus fondamentale, celle entre l'homme et la femme.

En réaction au modèle dit tridentin, dont on serait bien en peine au demeurant de trouver une justification dans les décrets du Concile de Trente, un nouveau modèle s'est fait jour dans la continuité du Concile Vatican II, qui n'en fournit d'ailleurs pas plus de justifications sérieuses. A un modèle où le clerc est positionné au-dessus de la communauté jusqu'à en être quasiment en dehors succède un modèle où le clerc est à l'intérieur de la communauté jusqu'à la quasi-dissolution de ce qui fait sa spécificité.

Le paradoxe, si l'on peut dire, étant que ces deux modèles, quoiqu'en apparence aux antipodes l'un de l'autre, souffrent de la même maladie, à savoir l'inscription dans un rapport de domination.

L'équilibre, si bien résumé par S. Augustin dans la formule rappelée par le Saint Père à l'orée de son service pétrinien, n'est pas encore trouvé "Avec vous je suis chrétien, pour vous je suis évêque". C'est que l'équilibre entre ces deux aspects requiert une vive charité, en d'autres termes la sainteté personnelle du clerc. Quant l'autorité n'est pas exercée par son détenteur comme expression de la vertu de charité, elle ne peut être écoutée par des destinataires, selon sa signification étymologique, que dans le cadre d'un rapport de domination. Ou, pour le dire autrement, ce n'est que si l'autorité cléricale est véritablement sacrement de l'autorité du Christ qu'elle peut échapper au cléricalisme si souvent dénoncé, non pas sans raisons quoique sans charité, par le précédent évêque de Rome.

+
MOTUS IN FINE VELOCITOR
patatedouce
Prætor
Prætor
Messages : 133
Inscription : lun. 26 juin 2023, 20:37
Conviction : Catholique (Homme)

Re: Fraternité Saint Pierre (FSSP) et Fraternité Saint Pie X (FSSPX)

Message non lu par patatedouce »

Merci beaucoup pour cette réponse, Olivier JC. Elle est d’une grande richesse et je vous rejoins sur de nombreux points, notamment dans votre manière de resituer cette problématique dans une perspective plus théologique que purement sociologique. Le lien que vous établissez entre l’exercice de l’autorité et la blessure du péché originel éclaire bien les difficultés récurrentes que l’on observe dans la manière de vivre – ou de fuir – l’autorité dans l’Église. Vous le soulignez justement : sans enracinement dans la charité, toute autorité finit par se transformer, tôt ou tard, en domination. Et cela vaut aussi bien pour des modèles très hiérarchisés que pour des formes d’organisation plus horizontales où, en réalité, certains prennent le pouvoir sans le dire.

À ce titre, je trouve votre analyse très stimulante, JC Olivier. Elle soulève selon moi une question fondamentale : celle du rapport au prêtre, et de la place qu’on lui accorde dans l’Église. J’ai le sentiment que, pour une partie de la génération qui a connu l’Église préconciliaire, le prêtre a longtemps été perçu comme une figure d’autorité verticale, presque sacrée, incarnant une forme de supériorité spirituelle, voire sociale, sur les fidèles. Ce rapport, parfois vécu comme une domination, a profondément marqué les consciences. Il n’est donc pas étonnant que certains aient éprouvé le besoin, après Vatican II, de redéfinir cette relation dans un sens plus fraternel, plus horizontal. Mais ce regard critique porté sur la figure du prêtre appartient, me semble-t-il, à une époque particulière.

Chez les jeunes générations, en revanche, cette notion de domination ne fait plus réellement sens. Le prêtre n’est plus automatiquement associé à un pouvoir ou à une autorité incontestée. Il est perçu avant tout comme un membre de la communauté, un guide spirituel certes, mais dont l’autorité repose davantage sur la cohérence de vie, l’écoute et la capacité à accompagner les personnes dans leur cheminement. Cette évolution s’inscrit dans un mouvement de fond : la société a profondément changé, les rapports à l’autorité sont devenus plus critiques, plus libres, et l’accès massif à l’information – notamment via internet – a considérablement renforcé l’autonomie intellectuelle et spirituelle des croyants. On est passés, en quelques décennies, d’un monde où une femme ne pouvait pas ouvrir un compte bancaire sans l’accord de son mari, à un monde où chacun peut, via son téléphone, accéder à des milliers de ressources théologiques, philosophiques ou liturgiques. Tout n’est pas acquis, bien sûr, et tout ne se vaut pas, mais il y a là un vrai changement de paradigme.

Je reconnais aussi que ma distinction entre « tradis » et « modernistes » est schématique. Mais elle me semble tout de même utile, non pas pour figer les positions, mais pour nommer deux dynamiques bien présentes dans l’Église contemporaine. L’enjeu, à mes yeux, ce n’est pas tant la liturgie elle-même que ce qu’elle manifeste : une vision différente du rôle du prêtre. Les uns continuent de le voir comme un médiateur entre Dieu et les fidèles ; les autres insistent pour qu’il soit d’abord un frère parmi les frères. Et cette tension traverse aussi bien les pratiques que les discours. À ce titre, la liturgie devient le reflet d’une ecclésiologie plus large.

Je vous rejoins pleinement sur le fait que les deux modèles peuvent connaître des dérives. Le cléricalisme n’est pas mort, et il a pu produire de vrais abus. Mais à l’inverse, une certaine horizontalité mal pensée peut conduire à la dissolution de la figure du prêtre dans la masse des fidèles. Or je pense qu’il faut avoir le courage de redire que le prêtre n’est pas un laïc comme un autre. Sa vocation, sa formation, son style de vie même sont là pour signifier une mission particulière. Non pas une supériorité, mais un ministère ordonné, nécessaire à la vie de l’Église. Dans un monde où tout se relativise, cette figure structurante du pasteur me semble plus nécessaire que jamais.

C’est pourquoi, à mon sens, il serait plus pertinent de développer une vraie formation continue des prêtres eux-mêmes, plutôt que de vouloir toujours plus confier des fonctions sacerdotales à des laïcs, même très compétents. On ne s’improvise pas pasteur. Et dans un monde aussi complexe que le nôtre, cela demande non seulement une solide formation initiale, mais aussi un approfondissement constant. Ce n’est pas un luxe, c’est une nécessité pastorale.

La formule de saint Augustin, reprise par Benoît XVI – « Avec vous je suis chrétien, pour vous je suis évêque » – me semble être le cœur de l’équilibre à trouver. Mais pour que ce « pour vous » ait du sens, il doit être vécu pleinement, avec l’autorité qu’il suppose, non pas comme un privilège, mais comme un service. Il ne s’agit pas de restaurer une domination ancienne, mais de redonner au ministère sacerdotal toute sa force spirituelle et sa clarté missionnaire.

Merci encore pour cette réflexion exigeante, qui pousse à approfondir ce sujet crucial.
Avatar de l’utilisateur
Kerygme
Prætor
Prætor
Messages : 2299
Inscription : jeu. 30 mai 2019, 13:12
Conviction : Catholique romain
Localisation : Argentoratum

Re: Fraternité Saint Pierre (FSSP) et Fraternité Saint Pie X (FSSPX)

Message non lu par Kerygme »

patatedouce a écrit : lun. 26 mai 2025, 23:11 Je reconnais aussi que ma distinction entre « tradis » et « modernistes » est schématique. Mais elle me semble tout de même utile, non pas pour figer les positions, mais pour nommer deux dynamiques bien présentes dans l’Église contemporaine.
Tout comme Fée, je trouve l'appellation "moderniste" insultante, a minima particulièrement dénigrante selon la personne qui l'utilise.
La réalité de ce mot est différente selon qu'on la tire du Larousse ou du Magistère de l'Eglise.

Dans l'encyclique Pascendi dominici gregis de 1907, saint Pie X définit le modernisme comme un système théologique hérétique présentant un ensemble complexe de philosophie profane, de foi subjectiviste, d'exégèse biblique rationaliste et de tentative de réforme interne et le condamna comme un "ramassis de toutes les hérésies".

On peut concevoir que cela puisse être blessant, et de la nécessité de sortir de la banalisation qui en est faite par certains.
Ce n'est pas pour rien que feu le pape Benoit XVI eut ce trait de génie d'introduire la forme ordinaire et la forme extraordinaire d'un même rite Romain. Ce fut l'occasion aussi de se remémorer que l'Eglise catholique n'est pas seulement Latine, mais constituée de 24 Eglises (dont 23 Eglises orientales sui juris) mais dans une même unité, et non dans l'uniformité.

Je n'apprécie pas plus le terme "traditionaliste" que je perçois comme une confiscation abusive.

C'est d'ordre préférentiel mais les termes "tridentins" et "conciliaires" semblent plus acceptables, tout en restant imparfaits.
Dans une expression publique ma préférence irait à "le fidèle catholique préférant la forme ordinaire/extraordinaire ..." comme quand on parle de rite liturgique dans une forme orientale par exemple.

Chacun mérite qu'on respecte sa préférence de forme liturgique, tant qu'elle n'est pas prétexte à la division dans laquelle on se rend coup pour coup.
« Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » (Marc 6, 31)
zumonin
Ædilis
Ædilis
Messages : 30
Inscription : sam. 30 avr. 2022, 10:44

Re: Fraternité Saint Pierre (FSSP) et Fraternité Saint Pie X (FSSPX)

Message non lu par zumonin »

zumonin a écrit : mar. 08 avr. 2025, 9:47

Je m'interroge ce matin sur les vocations des instituts dits traditionalistes
En particulier sur la FSSPX qui a annoncé cette semaines le sous diaconat et les seconds ordres mineurs pour certains de ses séminaristes
Respectivement 4 dont 1 français et 5 dont 2 français séminaristes ont reçu ces avancements, or je me souvenait de promotions importantes il y a quelques années, je suis donc allé vérifier
Ils étaient respectivement 22 dont 15 français et 19 dont 7 français

Pourquoi autant de défection, ces chiffres sont assez étrange.
Y a t'il un problème de qualité de formation?
Y a t'il une volonté de faire du chiffre pour faire le buzz à l'entrée au séminaire?

La réalité est finalement inverse au discours ambiant sur cette communauté
Il y a 200 prêtres français actifs pour la FSSPX, il faut 50 ordinations par décennie pour maintenir la démographie
Sur la dizaine d'année en cours, se sont près de 35 ordinations, en deçà du seuil de renouvellement
sans compter les défections potentielles après ordination

A regarder de plus près, la situation de la FSSPX en France n'est finalement pas idyllique, comme quoi les fruits ne sont pas aussi beaux qu'ils le prétendent
Je découvre le sermon de l'abbé Peignot au pèlerinage de Chartres sur les vocations à la FSSPX :

"Il y eut un temps où le séminaire d’Écône affichait complet. Or, aujourd’hui, 80 places sont disponibles, comme l’a remarqué le prêtre. Un seul français a reçu cette année le sous-diaconat. On a même fermé des chapelles par manque de prêtres. La désaffection touche aussi les religieuses: il y a ainsi moins d’entrées chez les sœurs."

Visiblement mon observation souligne un véritable problème au niveau des vocation françaises de la FSSPX qui doit même fermer des chapelles
cmoi
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 3469
Inscription : jeu. 28 févr. 2019, 12:07

Re: Fraternité Saint Pierre (FSSP) et Fraternité Saint Pie X (FSSPX)

Message non lu par cmoi »

patatedouce a écrit : mar. 29 avr. 2025, 7:58 Le concile Vatican 2 est très bien, mais dans l’esprit il a affaibli le religieux : suppression d’une partie de la messe (prière aux bas de l’autel, acte pénitentiel, réduction du kyrie, offertoire), communion à la main, désacralisation des prêtres (communion distribuée par des laïcs, suppression des chorales (eh oui, dans certains endroits en pense que la chorale empêche les gens de chanter à la messe, ce qui est effrayant)). Et cela surtout dans les périphéries !
Notre échange sur un autre fil m’a conduit à relire celui-ci, et du coup je voudrais rebondir sur quelques points que cet extrait met un peu sur le devant.
Cet été, je suis en effet « retourné » par 2 fois à une messe tridentine célébrée par la FFSP.
J’ai été ravi de pouvoir chanter en grégorien, notamment le « ô salutaris hostia » et d’autres prières, cela m’a fait beaucoup de bien mais j’ai été surpris que peu de membres de l’assemblée accompagnaient la chorale et de quasiment me faire remarquer (je ne chante pas faux…) !
Plus profondément, j’ai été déçu qu’une bonne partie de ce que vous présentez comme des avantages de la messe tridentine, et je le pense aussi, aient été complétement gommés par des usages séculiers !
Ainsi le magnifique psaume et les autres prières dites « au bas de l’autel » se sont faites en catimini entre le prêtre et ses servants, idem plus tard pour le « orate fratres » etc. que le prêtre ne s’est même pas soucié de dire, il a fait une simple volte-face et son dos nous est revenu sans que ses lèvres aient bougé, tout cela pendant que la chorale s’en donnait à pleine voix !
Et je passe sur la suite et fin qui fut du même tonneau..
(La différence entre les textes de l’offertoire est complétement occultée, comme pour beaucoup du reste des différences, alors à quoi bon en parler et pourquoi en faire un sujet !)

Qu’à cause de sa longueur, on s’assoit pour le CREOD, ok, mais pas pour le Gloria !
Et pourquoi pour l’Alléluia ? Là c’est carrément fautif !

J’ai vraiment trouvé « pauvre » la liturgie de la parole, pour qui s‘est habitué au changement la concernant, c’est affligeant, et j’ai ressenti en comparaison comme une richesse que ce soient des membres de l’assemblée qui fassent les lectures dans le nouveau rite – en plus de leur plus grand nombre.

L’homélie n’a pris les lectures que comme un lointain prétexte pour très vite aborder d’autres thèmes (l’avortement, la contraception, l’union libre, et j’en passe car presque « tout le caté y est passé ») ce qui pourrait se justifier face à une assemblée non traditionnelle, mais là, c’était juste flatter leurs égos de tradis qui étaient déjà « acquis » au discours, et du coup… plaire à ceux qui n’étaient venus que… pour entendre ce qui leur faisait plaisir.
En tout cas exit l’évangile du jour et son commentaire !

Vraiment, un pape devrait donner pour condition de la célébration de ce rite qu’il adopte la réforme sur ce point !!!!

Sans quoi, la seule « vraie différence » se ressent seulement et surtout au moment du canon, par le soudain silence et l’agenouillement (qui ne marque pas vraiment de différence tant c’est une attitude ici répétée pendant la messe…)
Pour la communion un agenouilloir prévu pour 4 personnes a été placé devant le chœur et à tour de rôle on y vient s’agenouiller : bien vu !, mais pourquoi le prêtre « avale »-t-il là encore ce qu’il doit dire et ne nous laisse-t-il même pas prononcer l’amen ????

J’en suis ressorti avec l’impression que pour si peu de différence (le latin ne me gêne pas, au contraire, je répondais plus et mieux que les autres qui souvent préfraient s’enfoncer dans leur silence « intérieur »), car la chorale les gomme tous et massacre (VRAIMENT !) ce qui devrait faire l’intérêt de ce rite – y compris le dernier évangile… !

Quant au prêtre, à part pour son homélie, l’impression que donne son rôle et sa présence, sa participation, c’est quasiment qu’il est inexistant et « reste dans sa bulle », un peu comme dans certains couvents où la clôture bien que supprimée c’est tout comme si elle était encore là lors de notamment la liturgie des heures…
Cette impression bien présente d’inaccessibilité du prêtre ne favorise en rien le sacré, l’édification, etc. mais plutôt un désengagement.
Chacun reste dans son quant à soi ! Tout cela fleurait bon l’étonnant amalgame d’un conformisme dans la marginalité, où se ressent fortement aussi la cohérence sociologique de l’assemblée. Je ne parlerai pas de plusieurs détails désagréables, comme les récriminations incessantes de l’officiant contre ses servants de messe qui pourtant étaient des habitués, au point qu’on se demandait ce qui lui importait le plus : être en règle sur la forme ou honorer Dieu et « le faire descendre » ?

A la sortie, croyant lui faire plaisir, j’ai dit à un ancien de ma paroisse devenu tradi (qui ne « connaissait » toujours pas les réponses et me regardait étonné et presque coupable pendant la messe …) qu’au fond il n’y avait pas de quoi en faire un plat, de la différence, que cette messe pouvait très bien être tolérée – il ne m’a pas laissé en dire plus et m’avait déjà coupé, comme quoi si, il y avait beaucoup de différence, or ce qu’il m’a cité n’était pas du tout la messe, mais puisqu’enfin ici on parlait de l’enfer !
Pourtant je n’en ai pas entendu la moindre évocation sur les 2 fois et je suis certain que ce n’est pas exceptionnel !!!
Autosuggestion, quand tu nous tiens !

J’avais déjà conseillé à des jeunes de ma paroisse d’ y aller, pour voir et se laisser surprendre, or la principale chose qui leur aura plu à eux était que l’on pouvait s’agenouiller… !

Je donnerai le mot de la fin en citant Benoit XVI (qui le disait à propos d’autre chose, or peu importe en visant quoi) : « Mais la connaissance qui jaillit de la création et se concrétise dans les religions peut aussi perdre l’orientation juste, au point de ne plus pousser l’homme à se mouvoir pour aller au-delà de lui-même, mais de le pousser à se fixer dans des systèmes avec lesquels il croit pouvoir affronter les puissances cachées du monde. »
C’est pourquoi je n’y retournerai pas, en dépit du chant grégorien et de la communion à genoux, car je n’y ai pas senti s’exprimer cette poussée d’aller au-delà de soi-même, mais le contraire…
Et bien que le discours traditionnel des tradis soit (par défi ?) en sens inverse.

Bref, cher Patatedouce, puisque j'ai découvert aussi que vous étiez récemment catéchumène (ce qui m'explique vos interventions qui, non marquées par de veilles rengaines bien connues entre "tombés dans la marmite étant petits", apportent un "vent frais" et vont à l'essentiel), j'aimerai que vous me disiez ce que vous trouvez dans ce rite de "mieux" et d'attirant (outre sans doute le grégorien ?) car j'ai trouvé que tous les avantages de cette messe sont gommés par la façon de la célébrer, qui seule apporte pour compensation le silence (car une messe n'est pas un concert !), or curieusement une des raisons du changement liturgique fut pour le magistère de remettre à l'honneur les paroles des prières, trop souvent occultées par les chants de la chorale.
Gaudens
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 1889
Inscription : mer. 25 avr. 2018, 19:50
Conviction : chrétien catholique , perplexe lui aussi

Re: Fraternité Saint Pierre (FSSP) et Fraternité Saint Pie X (FSSPX)

Message non lu par Gaudens »

Excellent reportage,cher Cmoi, qui correspond largement à mon ressenti les rares fois où j'assiste aux messes tridentines; j'ai déjà écrit dans d'autres fils (ou celui-ci plus haut) ce que je pensais d'attitudes gestuelles collectives discutables (tels les debout-assis pendant le Gloria et le Credo) et autres particularités encore plus discutables ,tel le scalp de l'Orate fratres qui a tout récemment été au contraire rétabli dans la messe Paul VI.
Plus généralement je crains qu'il n'y ait trop souvent de la posture idéologique , ce qui a été récemment évoqué par le pape Léon XIV et c'est vraiment dommage.Il faut revenir à l'intention d'enrichissement réciproque chère au pape Benoit XVI, de vénérée mémoire...Mais cette fois ne pas seulement la saluer de loin , la mettre en pratique.
cmoi
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 3469
Inscription : jeu. 28 févr. 2019, 12:07

Re: Fraternité Saint Pierre (FSSP) et Fraternité Saint Pie X (FSSPX)

Message non lu par cmoi »

Gaudens a écrit : ven. 03 oct. 2025, 17:41 Excellent reportage,cher Cmoi, qui correspond largement à mon ressenti les rares fois où j'assiste aux messes tridentines; j'ai déjà écrit dans d'autres fils (ou celui-ci plus haut) ce que je pensais d'attitudes gestuelles collectives discutables (tels les debout-assis pendant le Gloria et le Credo) et autres particularités encore plus discutables ,tel le scalp de l'Orate fratres qui a tout récemment été au contraire rétabli dans la messe Paul VI.
Merci à vous. Je souhaitais justement pouvoir mieux discerner ce qui relevait d'une particularité locale ou pas.
Je m'y suis rendu sans aucun a priori, et souhaitant même y rencontrer le meilleur. J'ai vraiment été déçu par ce que j'ai éprouvé comme un appauvrissement au sein même d'une liturgie identique et hors des querelles doctrinales ou autres.
S'assoir pendant le Gloria ou l'alléluia ! Ne pas dire l'orate fratres complétement ! Cela n'aurait pas effleuré l'esprit d'un ancien tradi !
Les parties dialoguées en aparté entre l'officiant et les servants, certes existaient (ou le dernier évangile en presque catimini), mais pas si systématiquement l
Bien qu'il s'agissait de "grande messe" elle m'a parue bâclée et ce n'était pas par manque de temps (après la messe, une "prolongation" identique et donc systématique a "été jouée" qui m'a fait penser à cette coutume dans ma paroisse de rajouter plein de prières aux laudes et vêpres qui n'en font pas partie (genre angelus, prière à tel saint, etc.) et si cela peut être touchant de dévotion, le caractère systématique et "officiel" m'agace au plus haut point, comme une intrusion possible dans le jardin secret pour le "raccourcir" puisque le jardin public est envahi par celui privé de certains...
Ce qui devrait être la prière de l'Eglise devient un prétexte pour imposer des dévoltions privées !
La messe, rien que la messe, devrait avoir la priorité, or il m'a semblé que certaines parties en avaient été astucieusement escamotées (du moins pour l'assemblée, d'où une manipulation de la différence entre "assister" et "participer" : ce n'est pas parce qu'on y "assiste" (ou y participe "en verrue" ou pièce rapportée, voire en parasite poursuivant et y alimentant sa propre prière ) qu'on doit devenir indifférent à son déroulé qui devient caché, c'est d'ailleurs le motif pour lequel ils condamnent certains la "nouvelle messe"! ) pour gommer des différences d'avec le rite paulinien, mais du coup cela provoque l'effet contraire et au détriment de cette liturgie.
Cette manie de "personnaliser" m'a semblé ici sévir bien plus que dans ma paroisse, où on se sert de ce qui est prévu pour cela et reste dans le cadre.
Là, c'était limite, et j'ai noté plein de "particularités" qu'évidemment seul quelqu'un connaissant ce rite pouvait noter, au point que je me suis demandé si les membres habitués de cette assemblée les reconnaissaient pour ce qu'elles étaient.
A ma grande surprise, les "positions" (debout/assis/ à genoux) de l'assemblée étaient à cet égard, même d'un point de vue tradi, trop souvent fantaisistes/décalées, par un mélange à la fois de zèle excessif et de laxisme Et parfois même pas homogènes !
Avatar de l’utilisateur
Olivier JC
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 1348
Inscription : mer. 16 avr. 2008, 23:57
Localisation : Bordeaux

Re: Fraternité Saint Pierre (FSSP) et Fraternité Saint Pie X (FSSPX)

Message non lu par Olivier JC »

cmoi a écrit : ven. 03 oct. 2025, 5:06Ainsi le magnifique psaume et les autres prières dites « au bas de l’autel » se sont faites en catimini entre le prêtre et ses servants, idem plus tard pour le « orate fratres » etc. que le prêtre ne s’est même pas soucié de dire, il a fait une simple volte-face et son dos nous est revenu sans que ses lèvres aient bougé, tout cela pendant que la chorale s’en donnait à pleine voix !
Et je passe sur la suite et fin qui fut du même tonneau..
(La différence entre les textes de l’offertoire est complétement occultée, comme pour beaucoup du reste des différences, alors à quoi bon en parler et pourquoi en faire un sujet !)
Cela n'a rien d'un abus, c'est expressément prévu par les rubriques. La messe tridentine, à l'inverse complet de la messe paulinienne, n'est pas un 'spectacle' où tout doit être entendu, vu et compris. Je crois que vous regardez la messe tridentine avec des 'lunettes' pauliniennes... et non avec l'esprit propre qui est le sien, et que l'on retrouve par ailleurs en toute liturgie que les visions pastorales du Consilium n'ont pas modifié en profondeur.
cmoi a écrit : ven. 03 oct. 2025, 5:06Qu’à cause de sa longueur, on s’assoit pour le CREOD, ok, mais pas pour le Gloria !
Le principe à la messe chantée est, normalement, que les assistants s'assoient lors que prêtre retourne s'asseoir à la banquette, et non parce que ce serait trop long. Il y a, dans ce que vous indiquez, une discordance puisque le prêtre retourne généralement s'asseoir dans les deux cas. Cela étant, j'avoue partager sur ce point votre réticence, les rites lyonnais ou dominicain traditionnel m'apparaissant plus aptes à favoriser la participation consciente à la liturgie puisque le célébrant ne retourne pas à la banquette, ce qui évite de 'couper' corporellement le chant auquel participe l'assemblée.
cmoi a écrit : ven. 03 oct. 2025, 5:06Et pourquoi pour l’Alléluia ? Là c’est carrément fautif !
Le fait de se lever lors de l'Alleluia lors de la messe paulinienne est lié au fait d'une part, qu'il est chanté par l'assemblée en principe, d'autre part parce qu'il a été présenté comme une introduction à l'Evangile. Dans la messe traditionnelle, l'Alleluia est chanté par le chœur et n'est pas relié de la même manière à l'Evangile.
cmoi a écrit : ven. 03 oct. 2025, 5:06J’ai vraiment trouvé « pauvre » la liturgie de la parole, pour qui s‘est habitué au changement la concernant, c’est affligeant, et j’ai ressenti en comparaison comme une richesse que ce soient des membres de l’assemblée qui fassent les lectures dans le nouveau rite – en plus de leur plus grand nombre.
La logique gouvernant les deux lectionnaires sont totalement différentes. Alors que le lectionnaire paulinien est fondé sur le souhait d'une lecture quasiment intégrale de la Bible (nonobstant l'exclusion de divers passages), le lectionnaire traditionnel a une visée en réalité beaucoup plus catéchétique où le but n'est pas de favoriser la connaissance de la Bible, mais de fournir une nourriture spirituelle substantielle et opérative, tout en favorisant la mémorisation précisément parce qu'il y a moins de textes revenant sur un rythme annuel.
cmoi a écrit : ven. 03 oct. 2025, 5:06L’homélie n’a pris les lectures que comme un lointain prétexte pour très vite aborder d’autres thèmes (l’avortement, la contraception, l’union libre, et j’en passe car presque « tout le caté y est passé ») ce qui pourrait se justifier face à une assemblée non traditionnelle, mais là, c’était juste flatter leurs égos de tradis qui étaient déjà « acquis » au discours, et du coup… plaire à ceux qui n’étaient venus que… pour entendre ce qui leur faisait plaisir.
En tout cas exit l’évangile du jour et son commentaire !
SI vous saviez ce que j'ai pu entendre parfois comme homélie lors de messes pauliniennes... De même, j'ai connu un prêtre FSSP dont l'homélie, de manière systématique, n'avait aucun lien avec les oraisons et lectures de la messe du jour. Il ne faut pas imputer au rite les insuffisances du prêtre en la matière.
cmoi a écrit : ven. 03 oct. 2025, 5:06Pour la communion un agenouilloir prévu pour 4 personnes a été placé devant le chœur et à tour de rôle on y vient s’agenouiller : bien vu !, mais pourquoi le prêtre « avale »-t-il là encore ce qu’il doit dire et ne nous laisse-t-il même pas prononcer l’amen ????
Même remarque. La célébration selon le rite traditionnel favorise la solennité mais n'en est pas en soi une garantie si le célébrant n'y met pas du sien. Le non-respect des rubriques et la négligence y sont tout autant possibles que dans la messe paulinienne.

+
MOTUS IN FINE VELOCITOR
cmoi
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 3469
Inscription : jeu. 28 févr. 2019, 12:07

Re: Fraternité Saint Pierre (FSSP) et Fraternité Saint Pie X (FSSPX)

Message non lu par cmoi »

Bonjour Olivier,

je vous remercie de m’avoir répondu et je partage vos 2 dernières remarques.

Pour le lectionnaire, les 2 buts ne pourraient/devraient-ils pas en faire un seul ?
C’est vrai que l’ancien favorisait la mémorisation (à condition d’être assidu !) mais l’inconvénient en était que le fidèle ne connaissait de telle scène que la version de tel évangéliste et non les autres, ce qui nuisait grandement à une nourriture spirituelle substantielle !
J’ai été élevé et j’ai grandi dans ce contexte, et quand j’ai plus tard (combien le feront ?) lu les évangiles j’ai été fort surpris de découvrir des compléments dont j’avais été jusque-là privé et j’en ai ressenti le manque – ma réflexion et la vie auraient sans doute pris parfois d’autres directions et résolutions si je les avais connues.
Mon impression générale sur ce point est catégorique concernant l’appauvrissement que représente l’ancienne formule, et l’impact dû au fait que ce soit le prêtre qui lit tout.

Sur l’alléluia votre réponse est intéressante et sans doute pertinente. Toutefois, j’en reste sur l’idée que cette « explosion de joie » n’est pas faite pour être vécue assis ! A moins « d’assister » à la messe sans y participer, ce qui re-pose un débat classique entre les 2 rites.

Du coup, je suis et j’ai été un peu choqué par votre façon de qualifier au contraire la messe paulinienne de spectacle « où tout doit être entendu, vu et compris » car c’est refuser cette notion de participation, - pour un acteur il ne s’agit plus d’un spectacle mais de sa vie, sans faux fuyant, pour peu que ses sentiments soient vrais et que la mise en scène ne soit là que pour leur offrir un cadre qui rende possible leur expression - même si je comprends que vous vouliez par-là faire ressortir le côté sacré de la tridentine, du moins sa représentation (car malgré tout, ce sacré utilise des artifices humains identiques…)

Cette "transparence" ne pourrait-elle favoriser l'intrusion du Saint-Esprit ? Ce spectacle être du coup adressé à Dieu le Père ? En supprimant les questions que le rite fait se poser aux fidèles, leur regard peut sans retenue se diriger vers le ciel et non plus vers le rite qui les prend en charge et quelque part, déresponsabilise ?
Je ne pose ces questions que pour répondre à quelque a priori contraire...

Ce sens du sacré ne doit pas être un prétexte pour bâcler le rite, qui prévoit bien des moments dialogués et d’autant plus « forts » dans la messe tridentine : l’échange lancé par « l’orate fratres » est on ne peut plus important, or que le prêtre ne fasse même pas semblant de le dire, ridiculise sa volte-face et supprime quasiment la participation nécessaire de l’assemblée – même dans ce rite, il n’y a qu’à en méditer le texte.

C’est au contraire ma « mémoire tridentine » qui m’a fait m’effrayer.
Même si à cause de la chorale le prêtre pourrait ne pas être entendu, l’assemblée sait ce qu’il est en train de dire et peut lui répondre dans son cœur, en tout cas il se doit de s’adresser à elle et la volte-face imposée en est bien le signe.
Je maintiens mon impression d'avoir subi un abus, puisque vous en avez employé le mot – moi pas, par une ultime délicatesse, et je doute encore fort que cela soit prévu par les rubriques (concernant les échanges au bas de l’autel, en effet si).
Auriez-vous quelque chose de substantiel à proposer pour confirmer cet « expressément prévu » ?
Anna2003
Censor
Censor
Messages : 162
Inscription : lun. 05 janv. 2026, 12:04
Conviction : Catholique
Localisation : France

Re: Fraternité Saint Pierre (FSSP) et Fraternité Saint Pie X (FSSPX)

Message non lu par Anna2003 »

Altior a écrit : lun. 24 févr. 2025, 0:32
Gaudens a écrit : dim. 23 févr. 2025, 19:43 Altior,
Pour répondre à vos points d'hier:
Le Pater:
Je suppose que vous accordez du crédit au site claves de la FSSP:
https://claves.org/le-pater-a-la-messe/
Il dit clairement que le Pater n'est pas un élément du Canon,il représente le lien entre celui-ci et la communion,moment intime mais collectif de préparation à celle-ci.Il indique de plus que tous les rites orientaux permettent cette expression collective et même son chant. La restriction au seul célébrant dans le Vetus ordo est certes très ancienne mais n'a rien d'irréfragable.
Je vous ai répondu dans ce fil, car le sujet mérite, à mon avis, un fil dédié.
L'autel majeur/vs l'autel du Saint-sacrifice:
il y aurait une magnifique signification d'unité si les deux formes du rite romain pouvaient utiliser le même autel dans les lieux qu'elles partagent.Je vous accorde que spatialement, sa situation dans le choeur des églises est souvent déséquilibré au bénéfice des célebrations ad occidentem et il faudrait souvent le recentrer de façon à ce que l'ensemble des célébrants du Vetus Ordo puissent y trouver leur place (de même que ceux qui célébreraient en Novus Ordo mais ad orientem). Je ne vois rien d'impossible à cela si la bonne volonté et le désir de communion l'emportait des deux côtés à l'avenir.
Là, je vous donne raison : dans de cas on pourrait le déplacer. Mais justement la bonne volonté est rare. J'ai lu, quand même, un cas où une communauté tradie qui fait la Messe dans un lieu de culte partagé avec une communauté de nouveau rite, [la modération rappelle que cette formulation est contraire à ce que dit l'Église catholique par son pape Benoit XVI : il n'y a un qu'un seul rite mais sous deux formes] où il n'y a que « l'autel détaché » a trouvé une solution pour le transformer en une sorte « d'autel majeur » en moins de deux minutes. Il mettent trois boîtes cubiques sur la marge distale de la table, il les couvrent d'un tissu et ainsi la partie verticale de l'autel est prête à recevoir les six chandeliers apportés rapidement. Une nappe brodé mise sur le reste de la superficie de la table se voit vite couverte du corporal et c'est tout. Après la Messe tout le matériel disparaît dans la sacristie. Ce film que j'ai vu m'a amusé, cependant m'a laissé une impression de bricolage.

Mais c'est vrai que je leur [=aux vêtements litrugiques traditionnels] trouve quelque chose d'étriqué,voire de mesquin, que les chasubles modernes n'ont pas (et celles-ci ressemblent bien plus à celles des rites orientaux,en plus); mais c'est là une appréciation personnelle.
Vraie appréciation personnelle ! Voici les vêtements d'un mitropolite catholique oriental en poste

[Contenu effacé: rhétorique peu honnête comparant les apparats du rite oriental et latin, et même du schisme anglican plus bas.]
Plus sérieusement,personne ne pousse (sauf à Rome actuellement) à une unification complète des deux formes mais pour que cette nortion ait un sens et qu'il ne s'agisse plus de deux rites totalement différents au sein de la même Eglise latine,une certaine convergence serait souhaitable.
Gaudens, des rites différents au sein de la même Église latine ont toujours existé. Sans se siphonner les uns les autres. Et sans se chiffonner non plus.
Sauf à ce que les tenants des deux bords brûlent leurs vaisseaux respectifs et renoncent à toute communion ,jusqu'à envisager froidement dans les années qui viennent deux Eglises aussi différentes que l'Eglise catholique et l'Eglise protestante,par exemple. Nous sommes encore nombreux, n'en déplaise à certains, à refuser cette triste éventualité.
Je connaît peu de choses sur « l'Église protestante », mais j'ai vu plusieurs Messes anglicanes. J'ai trouvé que ça ressemble davantage aux Messes catholique traditionnelles qu'à celles "ordinaires". Pour illustration et parce qu'on vient de parler de vêtements liturgiques, voici un évêque anglican de nos jours :

[Idem : il faut être cohérent, vous prenez en exemple une Église anglicane schismatique pour justifier une idéologie anti forme ordinaire se basant principalement sur la forme pour en condamner le fond]
Ayant grandi entièrement dans la messe ancienne , et avec une mère ultra stricte en matière de respect de toutes les traditions , j'ai découvert très récemment, à l'âge adulte, le débat entre « modernistes » et « traditionalistes ».

Je n'ai assisté que deux fois à la nouvelle messe, alors que chaque dimanche et chaque fête importante de ma vie se déroulaient selon l'ancien rite.

Je suis très triste de ce débat, j'aime et je prie pour l'unité de l'Église.

Ma mère et même le curé de la chapelle FSSP où j'ai passé mon enfance et mon adolescence m'ont tenue à l'écart de ces débats, et cela m'attriste d'autant plus que j'en entends parler.
Répondre

Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 33 invités