patatedouce a écrit : ↑mar. 29 avr. 2025, 7:58
Le concile Vatican 2 est très bien, mais dans l’esprit il a affaibli le religieux : suppression d’une partie de la messe (prière aux bas de l’autel, acte pénitentiel, réduction du kyrie, offertoire), communion à la main, désacralisation des prêtres (communion distribuée par des laïcs, suppression des chorales (eh oui, dans certains endroits en pense que la chorale empêche les gens de chanter à la messe, ce qui est effrayant)). Et cela surtout dans les périphéries !
Notre échange sur un autre fil m’a conduit à relire celui-ci, et du coup je voudrais rebondir sur quelques points que cet extrait met un peu sur le devant.
Cet été, je suis en effet « retourné » par 2 fois à une messe tridentine célébrée par la FFSP.
J’ai été ravi de pouvoir chanter en grégorien, notamment le « ô salutaris hostia » et d’autres prières, cela m’a fait beaucoup de bien mais j’ai été surpris que peu de membres de l’assemblée accompagnaient la chorale et de quasiment me faire remarquer (je ne chante pas faux…) !
Plus profondément, j’ai été déçu qu’une bonne partie de ce que vous présentez comme des avantages de la messe tridentine, et je le pense aussi, aient été complétement gommés par des usages séculiers !
Ainsi le magnifique psaume et les autres prières dites « au bas de l’autel » se sont faites en catimini entre le prêtre et ses servants, idem plus tard pour le « orate fratres » etc. que le prêtre ne s’est même pas soucié de dire, il a fait une simple volte-face et son dos nous est revenu sans que ses lèvres aient bougé, tout cela pendant que la chorale s’en donnait à pleine voix !
Et je passe sur la suite et fin qui fut du même tonneau..
(La différence entre les textes de l’offertoire est complétement occultée, comme pour beaucoup du reste des différences,
alors à quoi bon en parler et pourquoi en faire un sujet !)
Qu’à cause de sa longueur, on s’assoit pour le CREOD, ok, mais pas pour le Gloria !
Et pourquoi pour l’Alléluia ? Là c’est carrément fautif !
J’ai vraiment trouvé « pauvre » la liturgie de la parole, pour qui s‘est habitué au changement la concernant, c’est affligeant, et j’ai ressenti en comparaison comme une richesse que ce soient des membres de l’assemblée qui fassent les lectures dans le nouveau rite – en plus de leur plus grand nombre.
L’homélie n’a pris les lectures que comme un lointain prétexte pour très vite aborder d’autres thèmes (l’avortement, la contraception, l’union libre, et j’en passe car presque « tout le caté y est passé ») ce qui pourrait se justifier face à une assemblée non traditionnelle, mais là, c’était juste flatter leurs égos de tradis qui étaient déjà « acquis » au discours, et du coup… plaire à ceux qui n’étaient venus que… pour entendre ce qui leur faisait plaisir.
En tout cas exit l’évangile du jour et son commentaire !
Vraiment, un pape devrait donner pour condition de la célébration de ce rite qu’il adopte la réforme sur ce point !!!!
Sans quoi, la seule « vraie différence » se ressent seulement et surtout au moment du canon, par le soudain silence et l’agenouillement (qui ne marque pas vraiment de différence tant c’est une attitude ici répétée pendant la messe…)
Pour la communion un agenouilloir prévu pour 4 personnes a été placé devant le chœur et à tour de rôle on y vient s’agenouiller : bien vu !, mais pourquoi le prêtre « avale »-t-il là encore ce qu’il doit dire et ne nous laisse-t-il même pas prononcer l’amen ????
J’en suis ressorti avec l’impression que pour si peu de différence (le latin ne me gêne pas, au contraire, je répondais plus et mieux que les autres qui souvent préfraient s’enfoncer dans leur silence « intérieur »), car la chorale les gomme tous et massacre (VRAIMENT !) ce qui devrait faire l’intérêt de ce rite – y compris le dernier évangile… !
Quant au prêtre, à part pour son homélie, l’impression que donne son rôle et sa présence, sa participation, c’est quasiment qu’il est inexistant et « reste dans sa bulle », un peu comme dans certains couvents où la clôture bien que supprimée c’est tout comme si elle était encore là lors de notamment la liturgie des heures…
Cette impression bien présente d’inaccessibilité du prêtre ne favorise en rien le sacré, l’édification, etc.
mais plutôt un désengagement.
Chacun reste dans son quant à soi ! Tout cela fleurait bon l’étonnant amalgame d’un conformisme dans la marginalité, où se ressent fortement aussi la cohérence sociologique de l’assemblée. Je ne parlerai pas de plusieurs détails désagréables, comme les récriminations incessantes de l’officiant contre ses servants de messe qui pourtant étaient des habitués, au point qu’on se demandait ce qui lui importait le plus : être en règle sur la forme ou honorer Dieu et « le faire descendre » ?
A la sortie, croyant lui faire plaisir, j’ai dit à un ancien de ma paroisse devenu tradi (qui ne « connaissait » toujours pas les réponses et me regardait étonné et presque coupable pendant la messe …) qu’au fond il n’y avait pas de quoi en faire un plat, de la différence, que cette messe pouvait très bien être tolérée – il ne m’a pas laissé en dire plus et m’avait déjà coupé, comme quoi si, il y avait beaucoup de différence, or ce qu’il m’a cité n’était pas du tout la messe, mais
puisqu’enfin ici on parlait de l’enfer !
Pourtant je n’en ai pas entendu la moindre évocation sur les 2 fois et je suis certain que ce n’est pas exceptionnel !!!
Autosuggestion, quand tu nous tiens !
J’avais déjà conseillé à des jeunes de ma paroisse d’ y aller, pour voir et se laisser surprendre, or la principale chose qui leur aura plu à eux était que l’on pouvait s’agenouiller… !
Je donnerai le mot de la fin en citant Benoit XVI (qui le disait à propos d’autre chose, or peu importe en visant quoi) : «
Mais la connaissance qui jaillit de la création et se concrétise dans les religions peut aussi perdre l’orientation juste, au point de ne plus pousser l’homme à se mouvoir pour aller au-delà de lui-même, mais de le pousser à se fixer dans des systèmes avec lesquels il croit pouvoir affronter les puissances cachées du monde. »
C’est pourquoi je n’y retournerai pas, en dépit du chant grégorien et de la communion à genoux, car je n’y ai pas senti s’exprimer cette poussée d’aller au-delà de soi-même, mais le contraire…
Et bien que le discours traditionnel des tradis soit (par défi ?) en sens inverse.
Bref, cher Patatedouce, puisque j'ai découvert aussi que vous étiez récemment catéchumène (ce qui m'explique vos interventions qui, non marquées par de veilles rengaines bien connues entre "tombés dans la marmite étant petits", apportent un "vent frais" et vont à l'essentiel), j'aimerai que vous me disiez
ce que vous trouvez dans ce rite de "mieux" et d'attirant (outre sans doute le grégorien ?) car j'ai trouvé que tous les avantages de cette messe sont gommés par la façon de la célébrer, qui seule apporte pour compensation le silence (car une messe n'est pas un concert !), or curieusement une des raisons du changement liturgique fut pour le magistère de remettre à l'honneur les paroles des prières, trop souvent occultées par les chants de la chorale.